2021 : Le bilan accablant dressé par le RNDDH

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a présenté son bilan pour l’année 2021. Sur le plan des droits humains, le pays s’est effondré. La machine infernale de l’insécurité a violemment broyé au moins 893 personnes, sans compter le phénomène de Martissant qui date déjà de plus de sept mois.

Ces 893 personnes ont été tuées notamment soit par balle ou par arme blanche, rapporte le réseau. Parmi elles, 53 sont des policiers dont 5 inspecteurs divisionnaires et 3 inspecteurs de police. Ce qui prouve, d’après l’organisme, que l’insécurité a touché les autorités et les forces de l’ordre au plus haut niveau, rappelant aussi le cas de Jovenel Moïse. Des militants politiques, des militants de droits humains, des journalistes, des syndicalistes ont également subi le poids de l’insécurité, montrant le niveau de la bannalisation de la vie en Haïti en 2021, se désole le RNDDH. Il souligne que 71% de ces 893 morts ont été recensés dans le département de l’Ouest (Port-au-Prince, Cité-Soleil, Cité-Militaire, Delmas, Bel-Air, Carrefour, Tabarre et Croix-des-Bouquets).

Par ailleurs, le RNDDH tient à préciser que parmi tous ces cadavres, il n’arrive pas à dresser un bilan même approximatif de ce qui se passe à Martissant depuis sept mois. Cependant, au moins quatre guerres ont été recensées dans les quartiers défavorisés en 2021, dont à Delmas (20 morts), Cité-Soleil (44 morts), Bel-Air (45 morts) et à Martissant où des résidents et des usagers de la zone ont été tués par balle.

Depuis l’arrivée de l’équipe d’Ariel Henry au pouvoir, les bandits sont devenus plus arrogants dans leur mode opératoire, regrette le RNDDH, soulignant la montée épique qu’a connue le kidnapping à la fin de l’année. Mais les incendies (15 au total) liés à la mauvaise gestion du carburant ont été aussi meurtriers et ont causé la mort d’au moins 139 personnes, dont 95 dans le drame du Cap-Haïtien en décembre dernier. Et de ces 15 incendies, environ 64 personnes ont été brûlées, 37 maisons et 199 véhicules incendiés.

Sur le plan judiciaire, tout a été presqu’au point mort, constate le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH). 213 audiences criminelles ont été réalisées durant toute l’année judiciaire dans l’ensemble des 18 juridictions du pays. 226 personnes ont été jugées en assise criminelle et le dysfonctionnement du système a fait impact direct sur les cas de détention préventive prolongée. Entre 82% et 85% de la population carcérale est toujours en détention préventive. La baisse de 3% est dûe aux différentes évasions à la Croix-des-Bouquets et dans le grand Sud du pays lors du séisme du mois d’août dernier.

Le système économique haïtien est effondré. Les prix des produits augmentent d’un cran, les conditions de vie de la population se dégradent, avance le RNDDH qui croit que cela est dû, d’un côté, à l’augmentation des prix du carburant et d’un autre côté, en raison de l’aggravation de l’insécurité. Les denrées ne peuvent pas circuler dans le pays par rapport à Martissant et d’autres régions du grand Nord du pays et cela occasionne une pauvreté extrême qui aggrave la situation générale socio-économique dans le pays.

En dernier lieu, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) accuse un total de 15 000 migrants haïtiens déportés des États-Unis durant l’année 2021. Des centaines d’autres ont été refoulés de la République Dominicaine, particulièrement des femmes enceintes et des enfants.

Ces différents points laissent le RNDDH à conclure que 2021 a été très pénible pour la population haïtienne. Une amélioration de cette situation doit passer, à en croire la structure, par la fin des relations de copinage qui existent entre les gangs armés et des autorités de l’État mais aussi, par le renforcement de l’appareil judiciaire haïtien. «Des décisions, des sanctions doivent être prises contre tous ceux qui sont impliqués à rendre la situation aussi grave», conclut l’instance de défense des droits humains.

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