Analyse: Le pouvoir PHTK ou le règne de la politique-spectacle

La recrudescence de l’insécurité ces derniers jours a donné lieu à de nouvelles mesures annoncées, en grande pompe, par les autorités de l’État. En conférence de presse ce mercredi 12 février, le président du CSPN, Jean Michel Lapin, a annoncé que des mesures ont été adoptées lors d’un conseil des ministres élargi, lesquelles consistent à procéder à des fouilles systématiques dans des voitures immatriculées SE ou OF, et à la présence renforcée de policiers sur le terrain.

Aujourd’hui, on assiste à la gangstérisation des quartiers populaires en Haïti. La détention illégale d’armes à feu est devenue monnaie courante. Le président de la République, Jovenel Moise, d’ailleurs très décrié par la population pour son incompétence et son cynisme sans pareil, a réactivé la Commission de désarmement de démantèlement et de réinsertion sociale (CNDDR) dans le but de combattre ce fléau.

La CNDDR lors de ses maintes interventions médiatisées a fait part des difficultés rencontrées dans le cadre de son travail. Selon cette structure, 11 familles détiennent le commerce illégal d’armes à feu en Haïti. L’arrestation de l’homme d’affaires Arby Larco a fait couler beaucoup d’encre et a replacé le débat sur le trafic illicite d’armes à feu dans l’opinion publique.

La PNH entend combattre le kidnapping par des fouilles de voitures?

Ce n’est un secret pour personne: aucun problème ne peut être résolu si on ne s’attaque pas à la source. La CNDDR a reçu quelques armes à feu venant de particuliers et a menacé de citer, dans la presse, le nom de certains gros bonnets qui entretiennent le commerce illégal d’armes à feu. Ce qui n’a pas été fait. Jusqu’à présent les familles détentrices de ce commerce rentable n’ont rien remis à la CNDDR. Et cette dernière ne les a pas dénoncées.

L’Etat serait-il impuissant face à ses marchands d’armes et de munitions à un moment où le banditisme bat son plein dans le pays? La population peut-elle avoir confiance dans un État incapable de procéder à l’arrestation de 11 familles entretenant le commerce illégal d’armes à feu ?

Les fouilles de voitures et la présence renforcée de la police sur le terrain ne suffiront pas à résoudre le problème de l’insécurité et du banditisme, voire le kidnapping, si l’Etat ne cherche pas à freiner la contrebande dans les douanes et le trafic illicite d’armes à feu.

Le pouvoir PHTK, connu pour son bilan chétif et son incapacité à bien gérer le moindre petit problème,ne jure que par la propagande. En témoignent ses différents agissements dans l’affaire Sogener.

Pour inaugurer une route en terre battue entre Monbin Crochu et Vallière, Jovenel Moise a mobilisé une pléiade de ministres dont le déplacement inclut des per diem. Quel gaspillage !

Les fouilles de voitures sont fondamentales dans un pays où la police fait correctement son travail. Le kidnapping ne pourra pas être combattu à coups de parole en l’air et de campagne de propagande tant que le problème de la contrebande n’aura pas été résolu. Les mesures cosmétiques ne durent qu’un temps.

HIP

 

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