Assassinat des deux journalistes : Entre regrets et indignation, des institutions réagissent

L’assassinat par balle des deux journalistes, le jeudi 6 janvier 2022, a créé de vives émotions au sein de la société haïtienne. L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) et l’Association des Médias Indépendants d’Haïti (AMIH) se disent consternées. L’OPC, de son côté, exige la protection des travailleurs de la presse en Haïti.

« Après Vladjimir Legagneur, c’est triste de compter des cadavres dans nos rangs jusqu’à aujourd’hui », réagit Jacques Sampeur, Président de l’ANMH, qui incombe la resposabilité à l’État qu’il qualifie de délabré et qui contribue à la dégradation du pays. « Des juristes, des journalistes, un président, tous sont assassinés. C’est un désordre généralisé », poursuit-il tout en encourageant les citoyens à se réveiller pour sauver Haïti.

D’un autre côté, Venel Remarais de l’AMIH dit apprendre la nouvelle de l’assassinat des deux confrères avec indignation. Cela montre, dit-il, que les gangs armés pensent qu’ils peuvent agir en toute impunité en tuant et en blessant en toute quiétude. « Ces assassinats nous appellent à l’unité pour empêcher les gangs de poursuivre leurs exactions », avancent M. Remarais. Plus loin, il précise que, selon les informations dont il dispose, Wilguens Louissaint et John Wesley Amady ont été tués au moment où ils allaient réaliser une interview avec « Ti Makak », le chef de gang de Fessard, qui s’apprêtait à se laver les mains dans l’assassinat de Dan Jerry Toussaint, le Commissaire de police, dont il est accusé. Aussi, d’autres informations laissent croire, toujours d’après Venel Remarais, qu’ils ont été tués par un gang rival après avoir réalisé l’interview avec le caïd.

L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) a, pour sa part, exigé la protection des journalistes. Il dit condamner l’assassinat de ces deux travailleurs de la Presse qui devaient réaliser un reportage spécial sur Laboule 12, zone contrôlée par des bandits armés. « Ne pas protéger les journalistes constitue une entrave à la liberté de la presse, à la démocratie et au respect des droits humains », écrit l’OPC qui rappelle à l’État que cela relève de sa responsabilité.

À noter que les cadavres des deux journalistes ont été récupérés le vendredi 7 janvier 2021 dans la matinée, grâce à la diligence de plusieurs journalistes, accompagnés de la Police et d’un Juge de paix.

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