Au moins 7 morts, des blessés et des maisons incendiées à Bél-air

Nouvelle attaque armée sanglante dans le quartier du Bél-air, ce jeudi 1e Avril 2021. Selon les premiers éléments d’information, déjà 7 personnes ont été tuées par balles, plusieurs autres blessées et des maisons incendiées. Cet assaut est l’œuvre des groupes armés membres de la fédération G-9 an Fanmi ak alye, appuyés par la troupe ayant à sa tête Jimmy Cherizier alias Barbecue.

5 heures de l’après-midi. Le ciel est noir au Bél-air. De la fumée, un concert de cartouche…, le quartier historique de Port-au-Prince a connu une autre journée sanglante. La scène est filmée par un citoyen qui habite dans une zone avoisinante. “Nou wè li mesye. Nèg yo boule bèlè ankò !”, temoigne-t-il.

A l’interieur même de la zone, des riverains sont coincés chez eux. Depuis sa maison située non loin de l’Eglise Notre Dame du Perpétuel Secours, un habitant s’abrite et enregistre l’ambiance sur son téléphone. Par WhatsApp, ce citoyen qui requiert l’anonymat, nous fait vivre l’écho des tirs à l’arme automatique. “Bagay yo myèl, bagay yo myèl. Se konsa nap manje pwason Pak nou…”, nous dit cet habitant, la voix débordée d’angoisse et de peur.

Bél-air est à nouveau à feu et à sang. Le quartier compte à nouveau ses victimes. Parmi elles, des hommes armés ainsi que des membres de la population civile. A en croire une source sur place, cette attaque a fait déjà 7 morts et des blessés. “L’un des musiciens du groupe Raram, connu sous le nom de Bogents a été touché par balles”, informe un citoyen de la zone.

Hormis les tirs et les incendies, les gangs armés du G-9 ont utilisé également du gaz lacrymogène pour asperger l’espace au moment de l’assaut. Mais selon une autre source, des jeunes armés du Bél-air ont tenté vainement de rispoter. Entretemps, au sein de la population civile, c’est l’anxiété et l’angoisse. Dépassée, elle appelle au secours. “Nou pa kapab ankò ! Mezanmi yap fin touye nou”, c’est un Bél-air qui crie et qui tend à nouveau ses mains aux autorités étatiques qui, semble-t-il, font la sourde oreille.

Pourtant, l’attaque a été préparée depuis plusieurs jours. L’information circulait dans la zone. Des citoyens lançaient des alertes. Mais rien n’a été fait. Selon les informations dont dispose la rédaction, les gangs du G-9 veulent prendre le controle du Bél-air dans la perspective des prochaines élections. “Yo vle gen kontwòl zòn nan pou ka vin mete Biwo ONI, epi fasilite moun fè kat Dèmalòg”, confie un riverain sur place.

Selon certains habitants, le quartier paie le prix de sa résistance face au pouvoir en place qui, à tout prix, tente d’imposer des élections au pays.

Cet article sera mis à jour…

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