Cité Soleil: Ariel Henry continue de faire l’impasse sur les victimes des conflits armés

Des témoignages effarants des proches des victimes des affrontements armés à Cité Soleil dépeingnent une tragédie sans précédent. Les victimes, les citoyens les plus affectés par les conflits restent des adultes, des femmes enceintes, des enfants.

Sur la Place publique Hugo Chavez, des dizaines de déplacés des affrontements armés tentent de restituer une part du drame qu’ils ont vécu. Des hommes armés se sont introduits dans des résidences, tuent des citoyens, incendient des maisons. La plupart des proches des victimes peinent à s’en remettre psychologiquement du choc causé par la cruauté des gangs.

Des voies ont été bloquées à la circulation, des familles qui tentent de fuir leur domicile sont prises au piège des gangs. Il reste à déterminer les chiffres exacts des victimes, cependant, des organisations de défense des droits humains comme le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) dit dénombrer plus de 300 morts, des centaines de blessés et de déplacés.

À Cité Soleil, des décès s’accumulent à un rythme inquiétant. Des corps sans vie jonchent le passage dans plusieurs rues, des cadavres sont dévorés par des chiens offrant un tableau déprimant.

Dans les quartiers difficiles de Boston, Brooklyn, Bélékou, Bois-Neuf, des familles restent coincées à l’intérieur de leur maison. Des crépitements automatiques empêchent les habitants de vaquer à leurs occupations. Ils doivent affronter la dure réalité de survivre dans des conditions effroyables. Dans les maisons, il manque d’eau potable, de nourriture, des produits de première nécessité, révèlent les déplacés.

Le gouvernement de facto, officiellement, ne s’est toujours pas positionné. S’il est vrai que le premier ministre Ariel Henry a rencontré des autorités locales, mais rien n’indique que la situation a changé. Des promesses d’assistance aux proches des citoyens tués ont été formulées, sans une intervention des forces de l’ordre en perspective.

Une alternative à la solution a été proposée. L’agent exécutif intérimaire Joël Janéus a fait part de la possibilité de mobiliser des véhicules blindés de la Police afin de freiner les hostilités. Une démarche qui s’est rapidement mise de coté, selon l’édile. Pour l’heure, les affrontements ont diminué, les détonations ont cessé, la migration des familles a accusé une baisse. Les déplacés installés sur la Place Hugo Chavez, à Mais-Gaté, craignent une résurgence de la violence, en dépit d’une certaine accalmie, mais la paix demeure encore fragile à Cité Soleil.

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