Coronavirus: La propagande étatique qui scandalise

La propagande orchestrée par le pouvoir en plein cœur d’une crise sanitaire inquiétante choque plus d’un. Sur les réseaux sociaux, les commentaires désapprouvant la campagne ont fusé.

L’image d’un masque de protection labélisé ‘’Ti rès lan pou pèp lan’’ offusque des internautes obligés à formuler des réactions grossières. Le produit en instance de livraison dans des quartiers populaires, selon les annonces tenues par le ministre des Affaires sociales, Nicole Yolette Altidor, prescrit le dernier slogan du Palais national prévoyant de soutenir les plus déshérités. Le message scandalise autant qu’il attire des commentaires désobligeants.

‘’Personne ne va m’obliger à porter ce masque. Je préfère mourir que de prêter allégeance à ce projet macabre’’, s’énerve un citoyen dans la trentaine.
Le pouvoir entend surfer sur l’état d’urgence sanitaire déclaré pour faire asseoir sa propagande politique à travers des masques. “La communication résulte d’un matraquage à portée subliminale dont l’ultime but consiste à déjouer l’attention populaire”, réagit un professeur d’analyse du discours, requérant l’anonymat.

“Par tous les moyens, le PHTK entend profiter du contexte de crise sanitaire mondiale pour s’octroyer un capital politique”, reprend le professeur. Ce moyen cynique s’accommode au mode opératoire des régimes d’orientation de droite voulant sans partage, monopoliser l’instinct populaire, mobiliser la machine d’intoxication en faveur d’un État-providence disposé à assister sa population en situation de détresse. Cependant, cette démarche ne s’apparente qu’à de la poudre aux yeux, décortique le spécialiste.
La lecture de l’universitaire prescrit également l’autre phase de l’instinct de survie. Par faute de moyens de s’acquitter un masque de protection, des couches infortunées seront contraintes de s’aligner à la démarche, prévoit le chercheur. Cependant, cette soumission morganatique n’entendra pas rompre avec cette méfiance populaire à l’égard de dirigeants haïtiens.

Hervé Noel / HIP

Bouton retour en haut de la page