Corruption : le RNDDH exige du MJSP une certification du personnel du Parquet de Port-au-Prince

Le scandale des 10 mille dollars de pots-de-vin reçus par le substitut commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Jeanty Souvenir, pour libérer deux détenus, est l’exemple parfait d’un système de corruption institué au Parquet de Port-au-Prince et dans celui de la Croix-des-Bouquets. Au regard de ces faits, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) enjoint la ministre de la Justice, Emmelie Prophète Milcé, d’enclencher un processus de certification pour tout le personnel du Parquet de Port-au-Prince.

La libération des détenus Amos Edmond et Signoly Edmond par le juge Jeanty Souvenir contre pots-de-vin est un scandale de trop, juge le directeur exécutif du RNDDH. Pierre Espérance alerte le Ministère de la justice et de la sécurité publique (MJSP) sur la situation du Parquet de Port-au-Prince et celui de la juridiction de la Croix-des-Bouquets transformés en un véritable marché où la justice est vendue aux plus offrants.

Dans une correspondance adressée à la titulaire du MJSP, le RNDDH encourage le déclenchement d’un processus de certification de tout le personnel affecté au Parquet près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince. Cette demande se justifie, selon le RNDDH, par la stratégie prisée par les parquetiers d’interférer dans des dossiers pendants par devant le cabinet d’instruction et de monnayer leurs actions.

Le directeur exécutif du RNDDH déplore que les 18 juridictions d’Haïti, spécialement celle de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets, soient gangrénées par la corruption. Il met le numéro un du MJSP en garde contre la possibilité pour les parquetiers d’accelérer les opérations de harcèlement contre des personnalités politiques sanctionnées par les États-Unis et le Canada, après l’annonce d’enquête formulée par la justice haïtienne à l’encontre des sanctionnés.

À ce stade, un processus de «vetting» s’impose au Parquet de Port-au-Prince avant d’envisager l’ouverture des enquêtes contre les figures politiques et économiques visées par des sanctions. Dans le même temps, l’organisme engagé dans le monitoring du respect des droits aux garanties judiciaires, salue les efforts consentis par certains magistrats qui résistent aux sirènes de la corruption en œuvrant pour le progrès de la justice haïtienne.

Dans l’intervalle, le défenseur des droits humains Pierre Espérance insiste sur la responsabilité des autorités judiciaires dans l’effondrement du pays. La gangstérisation du pays, l’impunité qui s’érige en normes, la corruption institutionnalisée traduisent un certain déni de l’édification d’un État de droit, soutient Pierre Espérance.

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