Crise : Plus le Terminal Varreux fournit du carburant, plus le marché noir grossit

Dans un tweet publié le lundi 29 août dernier, le Terminal Varreux a annoncé qu’environ 79 camions-citernes ont été chargés au centre de stockage pétrolier de Wineco. Ces camions-citernes contiennent 256 738 gallons de Diesel, et 3001 gallons de kérosène et 315 298 gallons de Gazoline, destinés à l’alimentation des pompes à essence dans la capitale et dans certaines villes de province du pays, peut-on lire dans le tweet.

En dépit de ces annonces, la rareté des produits pétroliers persiste de plus belle dans les pompes à essence au niveau des différentes zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.

On pouvait constater, ce mardi 30 août, un accroissement du nombre de véhicules en attente pour faire le plein dans quelques rares stations de service, assurant la vente du liquide devenu très précieux ces derniers jours en Haïti.

Les chauffeurs de taximoto, et de camionnettes, persistent à tripler le prix des trajets au grand mépris des autorités policières et judiciaires. Face à cette crise, les syndicats de transport en commun qui, auparavant, étaient toujours au-devant de la scène pour soi-disant défendre les intérêts de la masse, s’enferment aujourd’hui dans un silence complice.

Pour ce qui les vendeurs improvisés de produits pétroliers, ces derniers continuent d’écouler leurs produits en toute quiétude sur les trottoirs, aux coins des ruelles, comme s’il s’agissait d’une activité normale. Autant dire que le décor reste inchangé en ce qui a trait aux nouvelles pratiques née de la rareté des produits pétroliers sur le marché local, constaté depuis quelques temps.

Pas plus tard que dimanche dernier, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, accompagné du délégué départemental de l’Ouest, du commissaire principal du commissariat de Port-au-Prince et du directeur départemental de l’Ouest de la PNH, a mené une opération dans plusieurs points de la région métropolitaine dont Kenscoff, le centre-ville de la capitale, Delmas, entre autres, contre la vente illicite des produits pétroliers. Ces opérations ont conduit à l’arrestation de 5 personnes, la saisie de plus d’une quarantaine de barils remplis d’essence. Elles ont également débouché sur la découverte d’un site de stockage illicite de gaz au niveau de route de l’aéroport.

Le commissaire du gouvernement de la juridiction de Port-au-Prince indique que les propriétaires des produits saisis encourent une peine d’emprisonnement allant de 6 mois à un an. Ces peines sont prévues par le décret du 20 décembre 1946 sanctionnant la vente et la spéculation illicite des produits, précise le chef du parquet, soulignant que les produits pétroliers saisis seront mis au service de l’Etat haïtien.

À la question de savoir si ces opérations ponctuelles suffissent pour éradiquer ce phénomène qui gagne en proportion dans la société haïtienne, Me Jacques Guy Lafontant, tente de rassurer en annonçant qu’elles vont se poursuivre dans différents coins et recoins de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Il s’agit pour le magistrat debout de corriger cette situation qui déjà a atteint un niveau de pourrissement chronique.

Certains pourraient voir dans la démarche du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, une sorte de démagogie consistant à attaquer les maillons faibles du système de la vente illicite des produits pétroliers, en faisant fi des véritables concernés qui sont, selon certains, les compagnies pétrolières et propriétaires des stations-service.

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