Des éboueurs du MTPTC, jetés dans les abysses de l’oubli

En première ligne dans le combat contre l’engorgement des égouts, les éboueurs du ministère des Travaux Publics, Transport et Communication s’estiment lésés dans leur droit. Non assurés médicalement, sous-rémunérés, dépourvus d’équipements adéquats pour mener à bien leur mission, cette catégorie d’ouvriers continue de prendre son mal en patience dans un contexte exacerbé par une crise sanitaire liée au Coronavirus.

Acteurs majeurs dans les campagnes de drainage des canaux et égouts, les vidangeurs ne jouissent pourtant pas d’un meilleur traitement dans l’exercice de leurs fonctions. En pleine action, au centre-ville de Port-au-Prince, des éboueurs sont observés dans de posture insoutenable.

‘’ À l’angle des rues Mgr Guilloux et St-Honoré, à quelques mètres du Palais national, un groupe de 4 travailleurs du Ministère des Travaux Publiques vidait, sans masques de protection et sans gants, des égouts débordés d’une boue infecte ou toutes sortes de déchets s’entremêlaient’’, expose Stephen William Phelps, visiblement touché par les conditions indignes réservées à ces travailleurs.

Le vécu des éboueurs du MTPTC est comparable à celui des travailleurs affectés au service de voirie de diverses communes de la République, évoque le citoyen dans une note acheminée au journal, transpirant son indignation contre le traitement infligé à ce groupe de socioprofessionnels. Au quotidien, dans les opérations de nettoyage, le constat est alarmant.


‘’Ces ouvriers s’adonnent au sale boulot de vider les égouts remplis de déchets nauséabonds potentiellement dangereux. Ils manient pêle-mêle : sacs de matières fécales, cadavres humains et animaux cachés sous des amas de fatras. Ce qui choque, c’est qu’ils ne perçoivent pas leur salaire à temps et sont pas couverts d’aucune assurance médicale’’, souligne Stephen William Phelps.

L’État haïtien semble faire peu de cas du sort de ces agents publics. En témoigne, une scène captée à partir d’une observation faite sur les lieux de travail. La séquence est saisissante et interpelle.

Pour enlever la boue recouvrant ses bras, l’un des travailleurs utilisait l’eau usagée déversée par un canal d’évacuation bordant la chaussée de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti considéré comme étant plus ou moins propre alors que cette eau est probablement contaminée par toutes sortes d’agents pathogènes, virus, bactéries et autres.

Hervé Noel / HIP

Crédit Photo / Stephen William Phelps

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