Editorial : Quand la loi de la violence prévaut !

La violence est-elle désormais devenue le moyen le plus sûr pour faire entendre sa voix ? La question est d’autant plus légitime que le gouvernement a finalement reconnu aux policiers le droit de se syndiquer, après des mouvements de protestation ponctués de turbulence.

Définitivement, la violence est devenue l’arme de persuasion massive la plus efficace pour faire passer ses revendications et atteindre ses objectifs. En Haïti, face aux méthodes agressives, le dialogue, qu’il soit prononcé par le président de la République, ou qu’il se trouve dans la bouche d’un opposant,  n’est qu’un mot vide, dénué de sens et de substance. 

Violence, violence et encore violence, ce  fait est d’autant plus inquiétant que toutes les institutions du pays ou presque en font usage, notamment quand il faut porter les autorités à entendre leur voix. Entre l’homme de la rue, le politicien, le fonctionnaire public, il n’existe presque plus de frontière. 

Après les scènes hollywoodiennes auxquelles la nation avait eu droit au Parlement, en septembre de l’année dernière, où des sénateurs escortés par des militants politiques avaient saccagé la salle de séance du Sénat de la République pour empêcher la ratification d’un Premier ministre, ce sont les policiers qui, depuis quelques temps, se donnent en spectacle.

Blocage de route, entreposage sur la chaussée de pneus enflammés, confiscation de clés de véhicules privés, casse de parebrises de voiture de l’Etat, entre autres,  les agents chargés de faire régner l’ordre s’adonnent aux mêmes pratiques qu’ils sont appelés à prévenir ou à combattre, quand il s’agit de défendre leurs propres droits.

Des pratiques macabres qui, à l’évidence, sont payantes. En effet, pas plus tard que mardi soir, les policiers qui ne jurent que par la formation d’un syndicat au sein de la PNH ont obtenu gain de cause.

Face à l’agressivité à outrance du SPNH et de Fantôme 509, l’administration Moïse –Jouthe a finalement cédé par la prise d’un arrêté gouvernemental reconnaissant essentiellement aux policiers le droit de se syndiquer.

Une fois de plus, la violence a eu raison du dialogue. Quand les autorités font la sourde oreille, la formule n’est autre, désormais, que semer la terreur dans les rues, sans se soucier des dommages collatéraux. Bienvenue dans la jungle, diraient les mauvaises langues.

On se le rappelle, ce n’est qu’après les émeutes urbaines des 6 et 7 juillet 2018 que le  président de la République, Jovenel Moïse, avait écouté la voix du peuple en désaccord radical avec l’ajustement des produits pétroliers sur le marché.

S’il faut à chaque fois, pour la moindre chose, semer lapagaille dans la capitale comme dans les villes de province à tort ou à raison, Haïti portera définitivement et sans fierté aucune la sale étiquette, d’‘’entité chaotique ingouvernable.  

HIP/ Haiti Infos Pro  

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