Entre le respect de la grève, la rareté de carburant et la suprématie des gangs, le danger est imminent

L’heure est grave, la situation est chaotique, le pays vit une deuxième journée de grève, marquée par l’arrêt de presque toutes les activités, paralysée par la pénurie des produits pétroliers, et bloquée par la coalition du G9 qui contrôle les axes routiers menant au central de Varreux où est stocké plus de 75% des produits pétroliers.

Ce n’est pas tant l’arrêt de travail observé suite à l’appel à la grève de la FOSSA qui est véritablement responsable du danger qui plane sur les hôpitaux qui ne peuvent plus prendre en charge les malades, sur les sites des compagnies de télécommunications qui sont tombés, sur les stations de radio qui n’arrivent plus à émettre, sur les supermarchés qui risquent de perdre des milliers de dollars, c’est surtout l’incapacité, où du moins le manque de volonté de l’Etat haïtien à faciliter la distribution dans les pompes des produits pétroliers.

D’un côté, il y a Martissant qui est coupé de la capitale. Le terminal de Thor ne peut plus, en raison de la présence des gangs qui détournent les camions-citernes, alimenter la capitale et ses environs. Même si, paradoxalement, le grand-Sud pourtant à l’abri des bandits connaissent la même situation que le reste du pays. D’un autre côté, il y a G9 qui, depuis un certain temps met en déroute l’autorité de l’Etat. Les gangs fédérés dirigés par Barbecue, sont impitoyables. Ils bloquent systématiquement l’accès au central de Varreux et exigent de fortes sommes d’argent pour libérer le passage. Cette situation met en danger la vie des milliers de personnes qui ont besoin de soins dans les hôpitaux et a des conséquences graves sur l’économie du pays.

L’Etat à travers le premier ministre de facto ne s’est pas manifesté pour rassurer la population sur les mesures qui seront prises afin de sortir le pays de ce bourbier. Que la grève soit levée demain ou après demain, les problèmes ne vont pas disparaître. Il y a non seulement, l’incapacité de l’État à répondre aux problèmes auxquels fait face la population haïtienne, mais le pire, c’est la présence des gangs qui s’erigent en maîtres des lieux, décidant comme bon leur semble de l’orientation qu’ils veulent donner au pays. Et pour l’instant, ils ont la main. La peur instaurée par les bandes armées dans le pays dépasse les frontières.

Certaines questions se révèlent indispensables à nous aujourd’hui, parce que notre sort en dépend grandement: Que nous est-il arrivé ? Que se passe-t-il en ce moment précis de l’histoire de notre pays? Comment nous faut-il envisager l’avenir? Si l’on n’arrive toujours pas à comprendre que notre survie dépend désormais, et plus que jamais, de notre propre aptitude à cerner les rouages, les enjeux, les rôles et les responsabilités dans la reconstruction sociale, économique et politique et à choisir nos dirigeants de manière conséquente, notre avenir sera pareil à notre présent, voire pire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

un + 18 =

Bouton retour en haut de la page