Entre misères atroces et résurgence du choléra, qui volera au secours des réfugiés de la Place Hugo Chavez ?

Plusieurs centaines de personnes fuyant la terreur des gangs dans la commune de Cité Soleil se sont réfugiés sur la place Hugo Chavez, à Maïs Gâté depuis plus de trois mois. La crise sociopolitique et économique que connaît le pays ces derniers jours n’est pas sans conséquence sur leur quotidien. À cela s’ajoute la résurgence du choléra qui vient compliquer davantage la vie de ces gens qui sont obligés d’élire domicile sur la place publique pour échapper à la violence des gangs du plus grand bidonville du pays.

À un jet de pierre de l’Aéroport International Toussaint Louverture, porte d’entrée du pays, se trouve la place Hugo Chavez, un espace public qui s’est transformé en véritable dortoir depuis plus de trois mois. Il est déjà midi, ce mercredi, nous sommes à l’entrée principale de la place publique de Maïs Gâté. Une odeur nauséabonde se dégage. Une fois la barrière franchie, des linges, des morceaux de cartons sont remarqués, éparpillés ça et là. Des enfants corps nu, des femmes et des hommes mêlés dans une promiscuité qui bannit toute forme d’intimité; tous sont ici pour la même cause. Si certains habitent sous des tentes, d’autres dorment à même le sol, à ciel ouvert, n’ayant qu’un morceau de carton pour lit.

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Ces familles sont livrées à elles-mêmes sans aucune assistance des autorités, sinon que des ONG dont Solidarité Internationale, qui volent à leur secours. Conditions infrahumaines, insalubrité, la situation sur cette place publique est lamentable, mais les citoyens font tout leur possible pour subsister au jour le jour avec les faibles moyens.

« La misère habite parmi nous ici. On n’a pas accès à l’eau potable, au soin de santé. Si on n’a pas de quoi pour préparer à manger, on passe la journée sans rien mettre sous les dents. C’est chacun pour soi, c’est le désespoir total », nous raconte Linda, larmes aux yeux. La mère de 3 enfants sollicite l’assistance de l’État, car elle est  incapable d’affronter cette situation.

Laura Saint Pierre est une jeune fille dans la vingtaine, ainée de sa famille, elle raconte son calvaire depuis plus de trois mois. « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas. Quand j’ai mes règles, je n’ai même pas les moyens pour me payer un paquet de serviette hygiénique. Je dois demander à une voisine de m’en donner une, sinon je suis obligée d’utiliser un morceau de tissu. On ne trouve pas d’eau pour se laver. C’est l’enfer sur terre », nous confie la demoiselle au visage désespéré.

Hormis des gens venus de Cité Soleil, d’autres fuyant la Croix-des-Bouquets habitent aussi la place. C’est le cas pour ce citoyen qui a fait savoir que les autorités, par biais de la Mairie, ont exigé à maintes reprises aux réfugiés de laisser la Place Hugo Chavez. « Les autorités nous ont demandé de vider les lieux, sans assistance. Nous sommes restés, mais quand ils remarquent que nous ne voulons pas laissé l’espace, ils nous ont donné un frais de 4 000 gourdes. Avec le coût de la vie, la dépréciation de la gourde par rapport au dollar, cette somme ne peut pas nous permettre de louer une chambre. Il vous faut à peu près 50 000 gourdes. C’est malhonnête de la part du gouvernement », lance le quinquagénaire.

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Le Choléra fait peur aux réfugiés

Ces citoyens se disent inquiets par rapport à la résurgence du choléra dans le pays. Ils pensent qu’ils ne sont pas prêts à y faire face.

« Regarde la situation dans laquelle on vit, il y a des nourrissons et des enfants. Si le choléra fait son apparition, on va tous être contaminés, car nous sommes tous unis. Si nous tombons malades, nous ne saurons pas à quel saint nous vouer », nous martèle ce citoyen.

Durant notre passage sur la Place, auccune mesure d’hygiène n’a été constatée, pas même un point de lavage des mains.

Les incessants affrontements entre gangs armés dans les quartiers populaires et populeux ont de graves conséquences sur la vie des citoyens. Si certains arrivent à se débattre tout en étant décapitalisés, d’autres dépourvus de tout sont obligés de dormir à la belle étoile. En dépit de cette situation chaotique, pour le gouvernement « tout est sous contrôle ». Entretemps, mêmes les organisations de droits humains ne font pas grand cas des conditions exécrables des réfugiés de la place Hugo Chavez.

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