Exit Yves Jean-Bart, la FHF met le cap sur son congrès annuel pour élire un nouveau président

Dans une note portant la signature de son secrétaire général, la fédération haïtienne de football a fixé la date de son congrès annuel pour le 24 janvier 2021, au cours duquel un nouveau président sera élu en remplacement du Dr Jean-Bart banni de toutes activités liées au football par la FIFA.

La fédération haïtienne de football dispose de provisions légales dans ses statuts pour procéder à l’élection d’un nouveau président à la tête du bureau fédéral pour boucler le mandat de Dadou, écarté définitivement de son poste de président de la FHF, à en croire cette note.

En effet, la FHF s’appuie sur l’article 38 alinéa 6 de ses statuts qui stipule qu’« En cas d’absence définitive ou d’empêchement provisoire du président, ses obligations officielles sont exercées par le vice-président le plus longtemps en charge qui le représente jusqu’au plus prochain congrès. Ce congrès élit, le cas échéant, un nouveau président jusqu’à la fin du mandat ».

Le comité exécutif, après une réunion tenue le 27 novembre dernier, a décidé de se lancer dans cette voie. Néanmoins, les avis des observateurs divergent. Certains croient que l’enquête de la FIFA est toujours en cours, que d’autres membres de la FHF sont aussi visés par une sanction de la part de l’instance mère du football mondial. Par conséquent, il faudrait attendre la fin de l’enquête avant la tenue de ce congrès. Ces derniers optent pour un comité de normalisation qui, disent-ils, est la voie idéale compte tenu de l’ampleur de la crise. Pour eux, c’est tout le système qui est pourri, de ce fait, il faut un chambardement total, du sang neuf au sein du bureau fédéral pour revitaliser le football national.

D’autres observateurs s’alignent par ailleurs sur la position de la FHF, à savoir procéder purement et simplement à l’élection d’un nouveau président. Pour ces derniers il ne faut pas sortir du cadre institutionnel. Ils affirment pour corroborer leurs dires que ” les Statuts de la FHF sont homologués par la FIFA “, par conséquent, la FHF dispose de toute la latitude pour agir en ce sens. Elle est tenue d’appliquer ses statuts pour le bien de l’institution.

Tout compte fait, le football haïtien est face à sa pire crise depuis des décennies. Les faits pour lesquels Dadou est banni du football conduisent généralement vers la mise sur pied d’un comité de normalisation par la FIFA. Il y a en ce sens ce que l’on appelle de la « Jurisprudence ». Fort de cela, la FIFA pourrait opter pour un ” comité de normalisation”, mais serait en contradiction avec les statuts de la FHF par elle-même même homologués. Pour l’instant le suspens reste entier. La note annonçant le congrès annuel de la FHF a été aussi acheminée à la Concacaf et à la FIFA.

Certains observateurs avisés du football national croient qu’il faut profiter de cette crise pour redorer le blason du football haïtien. Il faut, disent-ils, prôner l’inclusion et non l’exclusion dans le football. Pour eux, Dadou a dirigé a lui tout seul pendant 20 ans le football national, il faut sans doute, martèlent-ils aujourd’hui, un consensus pour sortir le football de la crise actuelle. Il faut aussi, selon ces observateurs, revoir les statuts de la FHF pour permettre une plus large participation et implication des clubs aux élections et d’autres personnes voulant intégrer le monde du football.

Néanmoins, des questions s’imposent. Faut-il pour autant mettre de côté le cadre institutionnel ? Faut-il ne pas tenir compte des statuts en vigueur de la FHF, lesquels font du congrès, l’assemblée suprême de la FHF, en toute matière ? Il revient aujourd’hui aux clubs de football d’assumer pleinement leurs responsabilités. Ils sont les véritables acteurs du football national. Ils peuvent, selon les statuts de la FHF, surseoir à la tenue du congrès, ils peuvent demander au bureau fédéral, compte tenu de la situation actuelle, de convoquer les États généraux du football pour trouver une issue favorable à la crise actuelle. Ils peuvent tout aussi bien accorder leur confiance à l’institution et à ses statuts qui disposent de provisions légales pour agir dans ce cas précis.

Les institutions, dit-on, fonctionnent en permanence. Qu’elles soient traversées par des crises ou pas, il faut tenir compte de leur cadre de fonctionnement. C’est précisément le cas de la fédération haïtienne de football, dont son organisation est définie à travers ses statuts. Il est clair que cette crise nécessite que l’on fasse une réforme en profondeur dans l’organisation du football national dans son ensemble. Il faut inévitablement de nouvelles propositions, de nouvelles visions, il faut également élaborer un projet de développement durable pour le football national, en d’autres termes, il faut du changement. Cependant, nous sommes tenus de respecter le cadre institutionnel en vigueur. Par conséquent, c’est aux clubs de football, aux dirigeants, aux fans de mettre la pression sur le congrès, représenté pour l’instant par 20 délégués de clubs, de soumettre au bureau fédéral un cahier de doléances dans lequel sont inscrits tous les changements auxquels aspirent la grande famille du football.

Ricot Saintil / HIP

Bouton retour en haut de la page