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Force multinationale : farce spirituelle ou solution alternative ?

La situation en Haïti continue de se détériorer alors que la mission multinationale, censée ramener la paix, est encore retardée. Les retards successifs de cette mission, approuvée par les Nations Unies, sapent de plus en plus la crédibilité de l’intervention à venir, au grand désarroi de la population haïtienne. Chaque jour de report est un jour de plus où les haïtiens subissent la violence des gangs.

Le dernier développement dans cette saga a de quoi surprendre : le président kényan William Ruto a décidé de recruter des pasteurs pour guider spirituellement les policiers Kenyans déployés en Haïti. Pour beaucoup, cette décision frôle le ridicule et ressemble à une farce, surtout dans un pays où la croyance, qu’elle soit catholique, protestante ou vodouisante, est profondément ancrée.

Le Kenya a justifié ce recrutement en soulignant la nécessité de déraciner le mal à distance, en utilisant la prière comme arme contre les forces obscures perçues en Haïti. Le président Ruto, aidé de son épouse, fervente croyante, semble croire fermement que la foi chrétienne peut toucher le cœur des gangs et ainsi ramener la paix. Cette initiative est perçue par certains comme une réponse divine, une épreuve envoyée par le ciel pour tester la détermination de la nation kényane.

Cependant, cette approche a suscité une grande controverse. Des voix s’élèvent pour dénoncer cette stratégie, la qualifiant de cynique et de dérisoire. Les sceptiques se demandent comment des prières peuvent remplacer une intervention tangible dans une situation aussi désespérée. Le déploiement de la mission, prévu initialement il y a plusieurs semaines, est constamment repoussé, rendant la population haïtienne de plus en plus méfiante et désabusée.

Certains analystes vont même jusqu’à voir dans cette initiative une tentative de la part du Kenya de ridiculiser les alliés traditionnels d’Haïti comme les États-Unis, le Canada et la France. En déployant des pasteurs plutôt que des soldats, le Kenya pourrait vouloir envoyer un message sur la futilité des interventions militaires traditionnelles face à des problèmes profondément enracinés.

En parallèle, la communauté internationale observe avec un mélange de stupéfaction et de frustration. Les fonds alloués pour cette mission – plus de deux cent cinquante millions de dollars américains – paraissent démesurés pour une intervention qui, selon certains, pourrait être résolue spirituellement. Les jeûnes de prière de 40 jours, les conférences vidéo avec les chefs de gangs, et les chaînes de prière sur WhatsApp sont autant de tactiques spirituelles mises en avant par l’équipe de prière du président Ruto.

Malgré ces efforts, la violence en Haïti continue. Chaque jour de report de la mission est un jour de plus où les Haïtiens souffrent. La mission kenyane, telle qu’elle se présente actuellement, semble davantage une tentative désespérée de contrôler la situation par la foi plutôt que par des actions concrètes sur le terrain. Et si, par miracle, les prières kényanes semblent avoir un impact, la réalité demeure: une intervention physique reste cruciale pour ramener une stabilité durable.

La mission kenyane en Haïti est un exemple frappant des défis complexes auxquels fait face la communauté internationale lorsqu’elle tente de résoudre des crises humanitaires et sécuritaires. La foi peut être une source de force et de réconfort, mais face à la brutalité des gangs, il est peu probable qu’elle soit une solution suffisante. Le temps presse, et chaque jour compte pour les victimes innocentes de la violence en Haïti.

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