Haïti – Incidents à l’ENS: 2 professeurs blessés, un étudiant arrêté par les hommes armés de Jovenel Moïse

Des agents de l’USGPN ont malmené Jean Kevny Innocent et Estimé Kalito, tous deux professeurs à l’École Normale Supérieure (ENS) à la suite d’une altercation qui a eu lieu entre deux individus.

Vendredi après-midi, les hommes armés à la solde du président de la République, Jovenel Moïse, ont semé la terreur à l’École Normale Supérieure. À la suite d’une altercation entre deux individus, les agents de l’USGPN dont leur champ d’intervention est censé être les parages du Palais présidentiel, ont tenté de forcer le professeur Jean Kevny Innocent à déplacer sa voiture garée devant l’ENS. Pour n’avoir pas obéi aux ordres des hommes tout-puissants de Jovenel Moïse, le professeur a été bastonné et blessé à la tête.

“Ils m’ont frappé bien que je me sois identifié comme professeur à l’ENS”, a réagi le Dr Jean Kevny Innocent qui dénonce les agissements des policiers qui, selon lui, étaient prémédités.

Le professeur Estimé Kalito n’était pas épargné et a subi les brutalités des hommes de main de Jovenel Moïse.

Par la suite, ils ont brisé les pare-brises du véhicule du professeur Innocent et crevé les pneus, ont constaté des journalistes.

Ces agents de l’USGPN qui étaient pour la plupart encagoulés ont tenté d’intimider une équipe de Radio Télé Kiskeya en pointant leurs armes à feu sur les journalistes de la station.

Les locaux de l’ENS ont été criblés de balles. Les policiers affectés à la sécurité du président ont escaladé les murs de l’ENS pour tirer à balles réelles sur les étudiants qui y ont été séquestrés, pouvait-on constater.

Plusieurs étudiants dénoncent les policiers qui font un usage abusif de la force contre eux depuis plusieurs jours, à cause de leur participation à un mouvement de protestation en vue d’exiger leur intégration dans le système scolaire comme professeur-stagiaires, conformément au protocole d’accord paraphé en ce sens en 2010.

Le sénateur et professeur à l’ENS , Patrice Dumont, condamne l’attaque contre les locaux de l’entité de l’UEH. Dans une note de presse datée du 14 mars 2020, le professeur est monté au créneau pour rappeler au régime PHTK, jugé incompétent et corrompu, que ce n’est pas par la répression sauvage que se règlent les conflits en démocratie.

Des étudiant ont dénoncé l’arrestation de leur camarade Grégory Jean Pierre dans le cadre de ces évènements et en ont profité pour réclamer le départ de Jovenel Moïse, connu pour ses dérapages verbaux, ses décisions impopulaires et arbitraires.

Joubert Joseph / HIP

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