Haïti-Intervention militaire : l’appel d’Ariel Henry relève d’une trahison, qualifie Pierre Espérance

La solution à la crise haïtienne passe par des réponses politiques, non pas par une option de solliciter un déploiement militaire susceptible d’accoucher des résultats cosmétiques, estime le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Pierre Espérance désapprouve toute intervention de forces étrangères en Haïti.

En sollicitant de la communauté internationale une intervention militaire en Haïti, le gouvernement de facto dirigé par le Premier ministre, le docteur Ariel Henry œuvre à renforcer son pouvoir, de l’avis du directeur exécutif du RNDDH. Le défenseur des droits humains met en avant des prétextes de «crise humanitaire» brandis par le neurochirurgien pour accélérer le plan visant à trahir les fondements et valeurs répiblicains d’Haïti.

Le discours prononcé le 5 octobre par le chef de la Primature, à travers lequel il sollicite un déploiement militaire, témoigne d’un leader ayant failli à sa mission, soutient le responsable du RNDDH. Pierre Espérance blâme le dirigeant de facto et insiste sur le fait que la crise haïtienne résulte des défis politiques qui nécessitent des réponses politiques.

L’instabilité politique que connait le pays est révélatrice d’une somme de manquements et d’irresponsabilités des autorités dans la gestion de l’insécurité. Pour Espérance, l’obstination d’Ariel Henry d’alimenter les gangs en leur octoyant argents et munitions résume d’un calcul politique. Le massacre de Croix-des-Bouquets et celui de Cité-Soleil témoingent d’un déni au respect des droits des Haïtiens, considère Pierre Espérance. D’autres scènes illustrent bien la complicité entre les gangs de « G-9 an fanmi » et le gouvernement de facto, des contradictions et diversions pour détourner l’attention de la société sur les dossiers brûlants. En avril 2022, la Police nationale d’Haiti (PNH) s’était fait aider des bandits du gang «Chen mechan» pour attaquer les «400 Mawozo», rappelle-t-il.

Le numéro du RNDDH confirme que les criminels qui s’opposent à l’approvisionnement du carburant au Terminal pétrolier de Varreux sont instruits par le gouvernement. Ils disposent de moyens suffisants pour mettre en déroute la PNH et appliquent les consignes de leur patron, selon Pierre Espérance.

Tout porte à croire, poursuit Espérance, que la demande militaire formulée par Ariel Henry auprès de l’international vise à renforcer ses vélleités de perpétuer des dérives. L’option de l’assistance au nom de «crise humanitaire» privilégie par le Premier ministre Henry figure dans un agenda clair de s’octoyer les pleins pouvoirs.

Pierre Espérance juge anormal et inconcevable que la communauté internationale et Ariel Henry, son protégé, persistent dans l’erreur en punissant la population haïtienne par des solutions abracadabrantes. Il se dit scandalisé par le comportement terroriste des hors-la-loi de G-9 qui bloquent les opérations de chargement au site du Terminal, tout en déplorant que des sanctions aux secteurs du pouvoir et du PHTK n’aient jamais été appliquées.

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