Haïti -PNH : «Fèmen Biwo Leta », une nouvelle stratégie dans la lutte des policiers

Des dizaines de policiers de diverses unités de la Police Nationale d’Haïti ont manifesté, ce lundi 9 mars à Port-au-Prince, en vue de continuer d’exiger la réintégration des 5 policiers révoqués, de meilleures conditions de travail et pour forcer les autorités à reconnaitre leur droit de monter un syndicat.

Au Carrefour de l’Aéroport où la marche a démarré, les locaux de l’Office National d’Assurance Vieillesse (ONA) ont essuyé des jets de pierre par des policiers accompagnés de manifestants en colère. « Nous ne faisons que réagir», a indiqué un policier encagoulé. Dans le cadre de l’opération « Fèmen Biwo Leta », lancée spontanément, ce lundi 9 mars, par des policiers pro-syndicat se réclamant du groupe Fantôme 509, l’ONA a été bombardé de gaz lacrymogène. Des employés pris de panique ont dû courir dans tous les sens.

Même scénario au bureau du Fonds d’Assistance Economique et Sociale (FAES) qui a été attaqué à Delmas 75 à et le Ministère de l’Education à Delmas 83.

« Nous attendons encore notre salaire du mois de février. Nous réclamons un réajustement», a poursuivi un policier l’air déterminé se réclamant du groupe Fantôme 509, proche de du Syndicat de la PNH, non reconnu par le haut commandement de l’institution.

Sur la route de Delmas, des pare-brises de voitures immatriculées Service de l’Etat ont été cassées, leurs pneus crevés, puis confisquées.

Les policiers accompagnés de quelques militants se sont arrêtés devant les locaux de la Primature pour délivrer le message final où ils ont également cassé des pare-brises de voitures garées dans les parages et menacé des employés. Ils ont invité les manifestants à une prochaine marche prévue pour le mardi 10 mars. « Il faut qu’ils nous entendent », a juré un agent des forces de l’ordre arme à la main, comme pour s’adresser aux dirigeants, tout en précisant qu’ils ne feront pas marche arrière.

Dans la foulée, les manifestants qui disent appuyer le mouvement des policiers ont fustigé le haut commandement de la PNH qui refuse de reconnaitre l’SPNH. Ils en ont profité pour critiquer vertement le Premier ministre de facto, Joseph Jouthe, qui se dit être le premier policier du pays.

Joubert Joseph / HIP

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