Haïti-Protestation : Touchée par la pénurie d’eau, la population appelle à la création d’un couloir humanitaire d’urgence

Les mouvements de protestations entamés depuis près de cinq jours dans le pays impactent de manière négative et significative la population. Depuis le lundi 12 septembre dernier des membres de la population de Port-au-Prince et des villes de province ont érigé des barricades sur les chaussées, paralysant ainsi la circulation des véhicules et des personnes, en signe de protestation contre la décision du gouvernement de revoir à la hausse le prix du carburant.

Les véhicules qui transportent des marchandises venant des autres régions du pays vers la Capitale, sont depuis restés bloqués, les camions-citernes qui alimentent des stations d’eau sont dans la même situation, privant ainsi les ménages à la fois de ce liquide vital et des produits de première nécessité.
En conséquence, des foules de citoyens, errant çà et là, en quête d’eau et des produits de première nécessité sont remarquées un peu partout à travers diverses zones de Port-au-Prince et des communes avoisinantes, dont Delmas et Pétion-Ville.

Martha Joseph habite à Delmas 16, elle a 3 ans enfants. Après quatre jours restée cloitrée chez elle à cause du mouvement de protestation baptisé « Pays Lock », elle s’est résolue de sortir en dépit des risques encourus, pour aller chercher de l’eau pour ses enfants qui en ont grand soif. « Il y avait environ deux récipients contenant chacun 5 gallons d’eau à la maison, en dépit de ma gestion rationnelle, ces récipients sont totalement vidés, en raison du fait que les enfants boivent beaucoup d’eau », raconte cette jeune mère qui n’écarte pas la possibilité de se rendre jusqu’à Pétion-ville à pied en vue de trouver de l’eau.
« J’imagine déjà ce à quoi je pourrais m’attendre si je rentre à la maison sans ce précieux liquide, les enfants me rendrait folle », anticipe-t-elle.

« Je comprends très bien le bien-fondé du mouvement de protestation de la population qui vise à dénoncer la décision du gouvernement d’ajuster les prix des produits pétroliers dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée et la cherté de la vie », explique de son côté une autre citoyenne. Bien qu’elle affirme adhérer à ce mouvement, elle croit, cependant, que les protestataires devraient créer un couloir humanitaire en vue de faciliter le passage des camions-citernes, de marchandises et des ambulances transportant des malades.

« Cela fait environ deux jours depuis que je cherche de l’eau pour étancher la soif de mes enfants qui ne cessent de me pourrir la vie, mes tentatives se sont jusque-là révélées vaines », explique cette dame qui se questionne perplexe sur l’alternative à envisager face à cette situation.

Dans la l’intervalle, les rares points qui assurent la vente d’eau sont remplis dr gens qui s’affrontent pour pouvoir faire le plein d’un gallon de ce liquide qui vaut à présent plus que l’or. Dans les foyers, des produits de première nécessité font cruellement défaut. L’eau, le sucre, la farine, le pain, le lait sont en rupture de stock dans les quelques rares entreprises qui gardent leurs portes ouvertes. Entretemps, le premier ministre Ariel Henry étant le principal responsable de cette situation, n’a rien annoncé en terme de disposition susceptible de corriger cette situation. Il se contente de s’enfermer dans un silence assourdissant, laissant le pays s’embraser.

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