Haïti -Social : Raquette, un quartier jeté aux oubliettes!

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Crédit Photo Haiti Infos Pros

Quartier de la Croix-des-Bouquets, nord-est de la capitale, comme plusieurs autres endroits du pays, Raquette végète dans la misère la plus abjecte. Cela fait longtemps que le malaise couve, que le non accès aux services de base devient intenable.
Les membres de la population, précisément les jeunes, essaient chaque jour de sourire à la vie en essayant de dissimuler les problèmes quotidiens dans des conditions difficiles.

Dans ce quartier, l’anarchie des constructions est criante. Ces taudis majoritairement couverts de tôles sont loin de répondre à leur mission d’abriter des humains. Le chômage, La pauvreté, le blackout, l’indigence, le désespoir et les actes de banditisme sont les caractéristiques qui font la mauvaise réputation de Raquette, l’un des quartiers marginalisés du pays. La misère est palpable !

Une jeunesse désemparée

Gary, un jeune du quartier, nous a fait savoir que la vie à Raquette est difficile et très critique. « Ici, nous n’avons pas de moyens économiques, nous sommes tous des chômeurs, nous sommes abandonnés par l’État haïtien », déclare-t-il.

“Les autorités viennent dans cette localité pour monnayer les bandits en périodes électorales”, affirme un autre jeune garçon. « Ils manipulent (Les politiciens) les gens des quartiers populaires au bénéfice de leur cause », insiste-t-il.

Marie Carmelle, 22 ans, déjà mère de deux enfants, raconte que la situation est compliquée dans ce coin de terre. “Je vis avec mes enfants sous le toit familial, je ne travaille pas. Le père de mes enfants leur apporte de quoi manger, mais pas régulièrement”, explique Marie Carmelle. Habitée dans une maisonnette qui surpplombe un ravin, la jeune femme vit avec sa mère, ses 4 frères et sœurs et ses deux fils.

James, un jeune garçon qui vit dans la zone depuis son enfance, est cordonnier. Issu d’une famille de 6 enfants, il doit se démener pour aider sa maman veuve et ses frères et sœurs. “Cette zone est complètement abandonnée”, raconte James assis devant sa boite et ses sacs de sandales et chaussures. “Malgré leur courage et leur détermination, les habitants ne pourront pas tenir, si les autorités ne font rien face à d’innombrables difficultés auxquelles fait face le pays”, ajoute le jeune homme.


Parfois on ne peut pas s’asseoir ici. On vit dans la hantise d’une éventuelle attaque des bandits venant de Rémy”, raconte un citoyen de la zone.

Le poids des problèmes sociaux

Confrontés à des problèmes de pauvreté, les riverains ont dû mal à s’en sortir. Ils sont nombreux les enfants qui ne vont pas à l’ecole. Ils sont sales, visiblement mal nourris. Si le développement est un processus long et endogène, Raquette est la zone de l’urgence. Les questions de sécurité doivent devenir prioritaires. L’insécurité prend des formes multiples, parfois les plus extrêmes, se traduisant par des conflits armés.

Plusieurs quartiers populaire de la capitale et d’autres régions du pays sont devenus, au fil des ans, des endroits où criminalité et politique sont intimement mêlées.
À Raquette, la précarité rend les jeunes, surtout les garçons, ivrognes, accroc à la drogue. Les jeunes filles sont livrées à elles-mêmes. La majorité d’entre elles tombent enceinte de façon prématurée ou sont déjà mère.

Ce quartier est pratiquement livré à lui-même. Comme chaque bidonville sur le territoire, Raquette est à la merci des gangs. Il y a certains coins de la zone où tout accès est refusé sans l’autorisation d’un chef de gang.

Les gouvernements se suivent mais les problèmes sociaux restent inchangés dans les quartiers populaires du pays. Les conditions de vies des riverains de ces zones se dégradent. Les problèmes et les besoins des bidonvilles sont connus de tous. Les belles paroles du président de la République: « manje nan asyèt, lajan nan pòch » tardent encore à se matérialiser.

Kettia JP Taylor / HIP

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