Insécurité : Canaan, un nouveau défi pour la Police Nationale d’Haïti

Dans la commune de la Croix-des-Bouquets plusieurs quartiers autrefois réputés dangereux et qui faisaient la une de l’actualité semblent avoir cédé la place à Canaan devenu, désormais, une pierre d’achoppement pour la Police Nationale d’Haïti.

En effet, ce bidonville né du tremblement de terre du 12 janvier 2010 devient depuis en quelques temps une zone de non-droit. À l’instar de Grand Ravine, de Village de Dieu, de Cité Soleil, cette zone située à la frontière entre Cabaret et Croix-des-Bouquets s’illustre depuis quelques en un repaire de bandits qui tuent, volent, violent et kidnappent en toute quiétude presque quotidiennement. Il ne se passe pas un jour sans qu’un acte criminel ne soit perpétré dans cet espace géographique du pays, par des membres du gang ramifié aux « 400 Mawozo » qui y cantonne.

À preuve, le directeur de l’Institution Classique Emmanuel Kant, Jean Jacques Stephen, a été assassiné dans la matinée du mercredi 31 août 2022, à Canaan 3, alors qu’il revenait d’une activité visant à octroyer un don à son école à l’occasion de la nouvelle année académique.


L’enseignant a été tué d’une balle à la tête, lorsque des bandits opérant dans la zone de Canaan 3, ont attaqué la camionnette à bord de laquelle il se trouvait. Plusieurs passagers sont sortis blessés. Un crime de trop qui indigne des membres de la population de la zone, ne pouvant pas exprimer clairement leur mécontentement, de peur d’être pris pour cible par les hommes de l’organisation criminelle. L’Institution Classique Emmanuel Kant, dont Jean Jacques Stephen était le fondateur desserve la population de la zone. Elle contribue à la formation scolaire des enfants issus des familles démunies, rapportent certains habitants qui s’inquiètent à l’idée que l’établissement fermera définitivement ses portes. Une telle éventualité ne sera qu’un coup dur pour les parents, qui ne comptent que sur cette école, pour assurer le pain de l’instruction de leurs progénitures, à un faible coût.

La police Nationale d’Haïti a mené plusieurs opérations dans la zone de Canaan dans le but de déloger les bandits qui y sèment la terreur. A chaque intervention policière, les membres de cette association criminelle se dissimulent dans l’environnement pour ensuite refaire surface au départ des forces de l’ordre, déplorent certains. Le jeu du chat et de la souris entre la police et les bandits doit cesser une fois pour toute, déclarent des habitants de la zone, plaidant en faveur du renforcement de la présence policière à Canaan.

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