Jovenel Moïse ou la passion des commissions

Pour pallier les exigences liées au moment où le nouveau coronavirus fait son petit bonhomme de chemin sur le territoire national, le président de la République, Jovenel Moïse, vient de créer une commission multisectorielle avec pour mission d’assurer la planification stratégique et la coordination des ressources provenant des organisations non gouvernementales et du secteur privé des affaires.

Composée du Dr Jean William Pape, fondateur des Centres Gheskio, du Dr Lauré Adrien, directeur général du Ministère de la Santé Publique et de Paul Oxila, coseiller en contrôleur général des opérations, beaucoup se posent déjà pas mal de questions sur l’avenir de cette commission. Compte tenu de plus d’une dizaine créée par Jovenel Moïse depuis son accession au pouvoir ayant rien donné comme résultat.

Quand Jovenel Moïse, surnommé leader éclairé par ses partisans, avait 6 mois au pouvoir il avait déjà créé 8 commissions (voir l’article du Nouvelliste « Jovenel Moïse, six mois au pouvoir, huit commissions déjà créées »). Et comme résultat, les conditions de vie de la population se sont dégradées avec une vitesse exponentielle. Aujourd’hui, nous avons besoin de 100 gourdes pour un dollar.

Quand Jovenel Moïse avait deux ans au pouvoir il avait déjà créé 14 commissions en vue de résoudre certains problèmes sociaux qui perdurent jusqu’à ces présentes minutes (voir l’article du Nouvelliste « Jovenel Moïse, deux ans au pouvoir, plus de 14 commissions créées… »). Les états généraux sectoriels, qui ont coûté 47 millions de gourdes au trésor public, sont un exemple flagrant de l’inefficacité des commissions, qui ne sont créées le plus souvent que pour contourner les problèmes et mieux gaspiller les maigres ressources de l’Etat. Tout un lot de propagandes aux frais du contribuable pour peu de résultat ou pas de résultat du tout.

La commission multisectorielle aura une tâche décisive dans la mesure où la pandémie du nouveau coronavirus reste un ennemi invisible à maîtriser et qui a déjà presque mis à genoux des pays qui se croyaient être les maîtres du monde. La gestion du premier mort lié au Covid-19 en Haïti a été catastrophique tout comme celle du cas de Roody Roodboy qui était censé être le premier haïtien à avoir été testé positif au nouveau coronavirus en Haïti.

Confusion et opacité sont les principales caractéristiques de la gestion des premières personnes testées positives à la pandémie, considérée comme menace de santé publique dans le monde.

Alors qu’Haïti n’enregistre que 30 cas officiellement reconnus et deux morts, le ministre du MTPTC du gouvernement de facto, Joacéus Nader, annonce des jours sombres en se disant prêt à enterrer 1000 à 1500 cadavres par jour liés au coronavirus.

Tout en précisant qu’il s’agit de prévisions pour fin mai, au cas où les mesures adoptées ne seraient pas respectées, Joacéus Nader a provoqué l’indignation chez pas mal de citoyens qui, selon eux, ne fait que cacher l’incapacité du gouvernement à gérer la crise.

Après toutes ces erreurs commises dans la gestion des crises en Haïti, alors que la population se montrait déjà méfiante par rapport aux autorités, la commission multisectorielle aura-t-elle la compétence à redresser la barre afin de limiter les dégâts ? Il n’est que d’attendre.

Joubert Joseph / HIP

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