La livraison des blindés : Une nouvelle qui réjouit et renforce la pression sur la PNH

L’annonce de la nouvelle relative à la validation par le Canada du permis d’acquisition des véhicules de transport de troupes commandées par le gouvernement haïtien, dans le cadre de la lutte contre le phénomène de l’insécurité qui frappe de plein fouet le pays ces derniers temps, a provoqué des réactions favorables chez certains membres de la société haïtienne.

Fréderic Joseph est chauffeur de camionnette depuis une dizaine d’années. Il assure le circuit Delmas/Pétion-Ville. Ses activités ont été considérablement réduites à cause de l’accroissement du phénomène d’insécurité. L’annonce de l’arrivée des véhicules blindés au pays, n’a fait que réjouir ce citoyen.

« J’espère que ces équipements seront mis à profit par la Police Nationale en vue de démanteler les gangs qui sèment la terreur dans le pays et réduire les zones de non-droit, afin que les citoyens puissent circuler en toute liberté », indique Fréderic Joseph.
Il confie avoir limité depuis quelques temps ses déplacements au niveau des zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince, par peur d’être kidnappé ou victime d’une fusillade. « Il est inacceptable que la capitale haïtienne soit transformée en une ville fantôme le soir », s’indigne ce père de famille, soulignant que tous les espaces de loisir du pays tendent à disparaitre par rapport à la situation sécuritaire.

Il n’est pas le seul à être habité par ce sentiment de réjouissance par rapport à cette annonce; c’est le cas d’Ulric Jean-Baptiste qui voit dans cette nouvelle une lueur d’espoir par rapport à la situation sécuritaire du pays. Ce chauffeur de taxi-moto déclare s’être abstenu de rendre visite à sa mère qui vit dans la ville des Cayes depuis plus d’un an, à cause du blocage de la route de Martissant, contrôlée par des gangs armés.

Il souhaite qu’une intervention policière sera menée au niveau de ce quartier en vue d’y faciliter le rétablissement de la circulation des personnes et des véhicules.

Miriame Cyntil travaille dans une institution bancaire de la place; elle affirme que cette nouvelle relative l’approbation par le Canada du permis d’exportation des blindés, commandés par le gouvernement haïtien lui est parvenue par l’organe d’un collègue du travail. Depuis, elle dit nourrir l’espoir que la réalité pourrait s’améliorer, évoquant diverses opérations qui ont été menées par des agents de la police Nationale au niveau notamment de la Croix-des-Bouquets.

Si en dépit de ses moyens limités l’institution policière a réussi à donner quelques résultats, à plus forte raison, si elle dispose de ces matériels et équipements commandés, la situation sécuritaire s’améliorera, rassure-t-elle.

Certains experts dans le domaine de la sécurité, dont l’ancien colonel des Forces Armées d’Haïti, se montrent sceptiques quant à l’efficacité de ces engins commandés par l’Etat haïtien sur le terrain. Ils jugent inappropriée la qualité de ces équipements par rapport aux armes de grands calibres dont disposent les bandits.

Pour Himmler Rébu, la Police Nationale a besoin plus que des chars pour le transport des troupes dans la bataille visant le rétablissement d’un climat sécuritaire dans le pays.
Mise à part la volonté des policiers à s’engager dans cette lutte, la question de la confiance n’est pas sans trop grande importance. Certains observateurs estiment que l’échec de l’opération policière du 21 mars 2021, à Village de Dieu, est la conséquence d’une trahison au niveau du haut commandement de l’institution policière.

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