La Sogener et autres bâtiments saisis par l’Etat, Dimitri Vorbe crie à la « persécution »

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant l’Etat haïtien et les responsables de la Sogener. Ce jeudi 30 juillet 2020, des autorités judiciaires, accompagnées de la police, ont apposé le scellé sur les locaux de la compagnie et la résidence privée de plusieurs personnalités dont Dimitri Vorbe. Ce dernier qui est en dehors du pays depuis plusieurs mois, parle de « persécution ».

Que ce soit sur la route de l’aéroport, Laboule ou à Morne Calvaire, la police et la justice étaient sur pied de guerre. Sur ordre du juge d’instruction, Mathieu Chanlatte, un juge de paix de la commune de Delmas, escorté par des agents de l’Unité Départementale du Maintien d’Ordre (UDMO), a apposé le scellé sur le bâtiment logeant la compagnie de la Société Générale d’Énergie S.A, située à Maïs Gaté. Selon les informations relayées par des médias de la capitale, cette même opération s’est déroulée également aux domiciles de Dimitri Vorbe et d’autres proches de la compagnie, dont l’ex-Première Dame Élizabeth Débrosse Préval.

La nouvelle a rapidement propagé sur les réseaux sociaux. Des photos circulent. Des commentaires également. Sur les images circulant sur Facebook, l’on voit des barrières verrouillées à l’aide de cadenas. Cette intervention de la justice qui suscite des interprétations divergentes, n’est pas un simple hasard, tenant compte de la teneur de l’ordonnance du juge d’instruction, dont une copie est parvenue à la rédaction d’Haïti Infos Pro.

« Nous ordonnons respectivement la saisie et le gel des biens et des fonds faisant partie du patrimoine des inculpés Reginald Vorbe Fils, Jean Marie Vorbe, Albert Edouard Dimitri Vorbe, Agnès Elizabeth Debrosse, susceptibles d’etre des produits de crimes et délits », lit-on dans cette ordonnance, en date du 27 juillet 2020. Dans ce document, le juge Mathieu Chanlatte avait ordonné au Commissaire du gouvernement de la juridiction concernée, de saisir également les immeubles appartenant aux personnalités précitées.

« D’autres actions ont été entreprises par devant des institutions telles l’Unité de Lutte Contre la Corruption, dans le cadre de ce même dossier », a réagi l’un des avocats de l’Etat haïtien. Dans une entrevue accordée au journaliste Wendy Phèle, Me Newton Louis Saint-Juste, précise que cette opération de saisie menée ce jeudi, est une mesure conservatoire. Cette disposition, souligne Me Saint-Juste, s’inscrit dans le cadre des poursuites judiciaires entamées contre les responsables de la Sogener et autres personnalités, inculpés de faux et usage de faux, association de malfaiteurs, escroquerie et blanchiment d’argent.

« La persécution se poursuit… Rete fokis, pa pran nan divèsyon !!! Veye move tan kap vini yo… Mèt kò ki veye sou kò… », a écrit Dimitri Vorbe sur son compte Twitter, quelques minutes après l’opération. L’avocat de Reginald Marc Jean Vorbe, lui aussi crie à la persécution. « Cette intervention de la justice et de la police, fait partie d’une campagne de persécution politique perpétrée par le pouvoir en place », a déclaré Me Fanfan Guerilus, rappelant que son client ne fait pas partie du groupe Sogener. Contacté par la rédaction, Me Guerilus annonce que des actions seront intentées en revanche contre l’Etat haïtien. A en croire l’homme de loi, « des mandats d’amener auraient été également émis contre les responsables de la compagnie et autres personnalités ».

La saga continue, le bras de fer entre la Sogener et l’Etat haïtien se poursuit, alors que des citoyens de plusieurs communes dont Port-au-Prince, dénoncent un rationnement drastique de l’électricité. Dans la foulée, le Président Jovenel Moïse annonce des mesures de redressement, susceptibles d’augmenter la production du courant électrique dans le pays. « Un accord a été trouvé en ce sens avec la Turquie », avait annoncé lundi dernier, le Premier ministre Joseph Jouthe, lors d’une visite dans les locaux de l’Electricité d’Haïti. Par cette visite, le Chef de gouvernement voulait s’entretenir avec les membres du syndicat de l’ED’H, qui continuent d’exprimer leur refus face à la nomination de Michel Présumé à la tête de cette institution.

Luckson Saint-Vil / HIP

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