L’Affaire Jovenel Moïse et les révélations fracassantes de Pierre Esperance

Le Directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains révèle que Joseph Félix Badio était en contact avec l’un des responsables de la chaine de sécurité de l’ex-Président Jovenel Moïse. Selon Pierre Esperance, une forte somme d’argent, qui a transité dans 2 banques commerciales haïtiennes, était disponible pour l’opération déroulée dans la nuit du 6 au 7 juillet dernier.

Dans une interview accordée au journaliste Valéry Numa, à l’espace « Invité du Jour » le 4 Août 2021, le défenseur des droits humains souligne que les Colombiens ont emporté plus d’un million de dollars US après l’assassinat. Face aux violations flagrantes des procédures, M. Esperance se montre perplexe et croit que justice ne sera pas rendu à Jovenel Moïse.

Une longue entrevue pour des révélations fracassantes. Après avoir été l’objet de critiques pour son attitude passive suite à l’assassinat, Pierre Esperance sort de son silence et expose des faits. Au début de l’entretien, le responsable du Réseau National de Défense des Droits Humains a d’abord précisé que 15 plaies par balles ont été retrouvées sur le cadavre de l’ex-Président, contrairement aux premiers élections d’information. Se référant au rapport judiciaire, il informe que Jovenel Moïse n’a pas été torturé, comme veulent le faire croire certaines informations.

« Toutes les plaies remarquées à travers les images sont uniquement des impacts de balles… », a dit M. Esperance.

Aussi, a-t-il rapporté, une somme importante a été mobilisée dans le cadre de cette opération ayant abouti à l’assassinat de l’ancien Chef de l’Etat. « De cet argent, 100 mille dollars américains ont été pré-positionnés, pour faciliter la sortie des présumés assassins de l’ex-Président. Des policiers et des membres de la population dans la zone de (Jalouzi) ont été arrosés », informe Pierre Esperance. Ce dernier souligne que cet argent a transité à travers 2 banques commerciales en Haïti.

« Les agents de la FBI ont déjà retracé des appels téléphoniques placés entre un banquier haïtien et James Solages, l’un des suspects arrêtés », a-t-il révélé. Une information confirmée par le journaliste Valery Numa, citant des proches de l’enquête. À en croire le responsable du RNDDH, Joseph Félix Badio, activement recherché par la police, était en contact avec l’un des responsables de la chaine de sécurité de Jovenel Moïse.

Dans la même veine, Pierre Esperance précise que les Colombiens qui faisaient partie de ce Commando, ont emporté après l’attaque, plus d’un million de dollars américain. « Cette somme qui était à la résidence de l’ancien locataire du Palais national a été retrouvé par les agents de la PNH, suite aux échanges de tirs avec les assaillants », poursuit-il. Selon le défenseur des droits humains, les assaillants ont été arrêtés avec en leur possession un petit sac contenant des billets verts. Mais dans le cadre des premières recherches, souligne M. Esperance, une première somme de 40 mille dollars US et de 116 mille gourdes ont été remarquées a côté de 2 des 3 cadavres colombiens.

Depuis l’assassinat tragique de Jovenel Moïse, plusieurs avis de recherche et mandats d’amener ont été émis par la justice à l’encontre de certaines personnalités. Samir Handall, l’une des personnes ciblées a déjà laissé le pays. « Pour se rendre à l’aéroport international Toussaint Louverture, l’homme d’affaires a été escorté par la police », a révélé Pierre Esperance. Il en a profité pour rappeler que Christian Emmanuel Sanon, cité dans le cadre de l’enquête, a été arrêté dans un domicile de M. Handall.

Lors de cette entrevue, il en a profité pour saluer le travail technique des enquêteurs de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), dans le cadre de ce dossier. « Cependant, cette entité importante est traitée en parent pauvre. Elle doit être dotée de matériels et de moyens nécessaires pour faciliter le travail », recommande M. Esperance.

D’un autre coté, le patron du RNDDH révèle que l’ancienne Première dame Martine Moïse s’est rendue à la résidence à Pèlerin, 24 heures après son retour en Haïti, soit le 18 juillet 2021. « Madan Moïse te gen ak li yon Jij depè, Komisè gouvènman Pòtoprens ak Minis Jistis la Rockfeller Vincent », rapporte Pierre Esperance. « Martine te mande Minis la : Kilè nap arete Badio ? Minis lan di, Lapolis al lakay li deja. Nap veye l. Nou gen pou nou pran l », raconte-t-il, se référant aux conversations.

Face à l’orientation donnée par les autorités et au non-respect des procédures, l’enquête risque de ne pas aboutir. « Ils essayent de boycotter l’enquête judiciaire. Ils essayent de brouiller les pistes et tentent de politiser l’affaire », dénonce le responsable du Réseau National du Défense des Droits Humains. Pierre Esperance rappelle que personne n’est au-dessus de la loi, mais critique la forme utilisée par le Parquet de Port-au-Prince, pour émettre les mandats d’amener.

Plusieurs jours avant le meurtre, souligne Pierre Esperance, l’ex-Président ne s’était pas rendu à son bureau au Palais national, comme pour camoufler ses déplacements et empêcher ses ennemis de le localiser facilement. « Pafwa, Jovenel voye kòtèj la desann Channmas, alòske li pa ladann… », a révélé le #1 du réseau. Pour certains observateurs, Jovenel Moïse vivait dans l’insécurité, tenant compte de plusieurs failles liées à sa chaine de sécurité et sa résidence privée en elle-même.

Bouton retour en haut de la page