« Le drame de Tabarre aurait dû réveiller la jeunesse de sa léthargie », croit GeorGes Allen

Le drame perpétré par des hommes du gang des « 400 Mawozo » à la Croix-des-Bouquets attriste, indigne, révolte des membres de la population haïtienne, en particulier des jeunes qui pour la plupart éprouvent un sentiment d’impuissance face à ce crime odieux, au cours duquel deux jeunes qui incarnaient l’espoir du pays de par leur formation académique, de surcroit des femmes, ont été brûlées vives. C’est le cas pour le journaliste GeorGes Emmanuel Allen qui n’a pas caché son sentiment par rapport à ce crime crapuleux.

« J’ai appris la nouvelle avec un double sentiment. Un sentiment de profonde tristesse et un sentiment d’impuissance. Impuissance en ce sens qu’il fallait être en mesure de donner une réponse arrogante, forte à cet acte insolent, lâche, déshumanisant et ignominieux. Et, ma tristesse est d’autant plus profonde que le mari de la dame et père des deux jeunes femmes a été mon professeur d’Histoire », a lâché ce jeune professionnel.

Cependant, le juriste de formation a dit noter une certaine indifférence de la part des organisations des jeunes qui ne ratent jamais l’occasion de célébrer la journée mondiale des jeunes.

« Face à un tel acte en soi révoltant mais qui, malheureusement, ne révolte pas les jeunes, on ne peut que se demander :
où sont ces associations de jeunes toujours prêtes à célébrer la journée mondiale ou internationale de la Jeunesse? Où sont ces jeunes qui, le 12 août dernier, m’appelaient, me serinaient à l’oreille qu’il faut que j’intervienne à l’occasion pour rappeler aux jeunes leur mission, bla-bla-bla… Donc, le comportement passif, léthargique de la jeunesse qui ne se réveille que par occasion et pour des petites causes est déplorable et je le déplore », a poursuivi le journaliste.

Ce crime, de l’avis de l’étudiant en Sociologie de la Faculté des Sciences Humaines (UEH), devait servir de catalyseur dans la lutte des jeunes en faveur du bien-être collectif et d’un meilleur avenir pour le pays.

Loin de se désespérer le co-présentateur du journal 19-20 de Radio Télévision Caraïbes a invité les jeunes à briser ce sentiment de désespoir qui les entrave et empêche du même coup toute action tendant vers cette perspective.

« La PARTICIPATION est l’antidote contre le désespoir. Les jeunes doivent participer à tous les niveaux à la Construction du pays, participé au combat pour l’application de la Loi, pour le respect des Droits.
Les jeunes viennent de perdre deux des leurs (les sœurs Desanclos), avant elles, ils en avaient perdu d’autres qui eux aussi incarnaient l’espoir de par leur formation universitaire… Qu’attendent les jeunes pour participer dans la lutte pour une autre Ayiti ? Le crime sans nom du samedi 20 août suffit pour porter les jeunes à dire NON. Un NON catégorique et absolu », a insisté ce père de famille.

Il croit que c’est une erreur capitale de penser que le soulèvement ne peut apporter le changement.

« Les soulèvements que le pays a connus par le passé n’ont pas donné de grands résultats parce qu’ils avaient été engagés et effectués pour des politiciens qui avaient leur agenda personnel. Aujourd’hui, les jeunes doivent faire la Révolution pour le pays et pour eux-mêmes. Lecteur de Marx que je suis, sans être Marxiste, je crois comme lui que la Révolution est la condition de l’émancipation des peuples », a déclaré GeorGes Emmanuel Allen, évoquant certains soulèvements dirigés par des jeunes et qui ont changé de manière positive le cours de l’histoire dans le monde.

« En mai 1968, les jeunes Français l’avaient fait. Dans les années 1960, les jeunes Américains l’avaient fait. Je cite ces deux pays en exemple parce qu’ils sont des modèles de stabilité. Donc, la Révolution c’est la panacée, elle ne se fait pas sur Internet. Elle se fait dans les rues, les Universités, les Écoles, les Églises », a conclu celui qui ne rate jamais l’occasion de se dire Patriote.

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