L’Eglise Episcopale continue de clamer son innocence, la DCPJ persiste à prouver le contraire

Le jeudi 14 juillet 2022, la Police Nationale D’Haïti, via la Direction Centrale de la Police Judiciaire, assistée par le commissaire du gouvernement de la juridiction de Port-au-Prince, a procédé à la fouille d’un des trois containers suspects destinés à l’Eglise Episcopale d’Haïti, à la Douane de la capitale.

À la surprise de tous, les agents de la DCPJ y ont découvert 18 armes de gros calibre, 4 pistolets de 9 mm, plus de 14 000 munitions, 140 chargeurs et des faux billets évalués à 50 000 dollars américains, tous dissimulés dans d’autres objets se trouvant à l’intérieur des containers.

Cette nouvelle a suscité un tollé à nul autre pareil, tenant compte de la réputation morale dont jouissent les institutions religieuses dans la société haïtienne.
Les responsables de l’Eglise Épiscopale n’ont pas mis de temps à nier toute implication de l’institution religieuse dans cette affaire, ce en dépit du fait que le manifeste de ces containers a été enregistré au nom de l’Eglise Épiscopale.
Ces reniements et dénonciations venant de la part de la hiérarchie n’avaient cependant pas ébranlé la Direction Centrale de la Police Judiciaire dans la poursuite de son enquête autour de ce dossier.

En effet, la commissionnaire en douane (Gina J.L Rolls) qui était chargée de recevoir les conteneurs expédiés au profit de l’Eglise Anglicane a été appréhendée dans l’après-midi du vendredi 15 juillet 2022, à Port au Prince.
S’en est suivie de l’arrestation du secrétaire général de l’Eglise Episcopale, le père Frantz Cole, le 17 août dernier, après avoir boudé deux invitations de la Direction Centrale de la Police Judiciaire autour de ce dossier. L’homme d’Eglise est accusé de trafic illégal d’armes et de minutions, contrebande, fraude et évasion fiscale, enrichissement illicite, blanchiment des avoirs et d’autres infractions graves.

En réaction à cette arrestation, le comité de cette Eglise a sorti une note, le vendredi 19 août, pour annoncer que le père Frantz Cole a été démis de ses fonctions de secrétaire exécutif diocésain et prêtre en charge de la paroisse Notre Dame de l’Annonciation à Bolosse au moment de son arrestation et pour nier une nouvelle fois l’implication de l’EEH dans le dossier d’importation d’armes et de minutions.

Cependant, les reniements du comité de l’Eglise allaient être mis à rude épreuve, lorsque la Direction Centrale de la Police Judiciaire a frappé une nouvelle fois à la porte de l’institution religieuse, en procédant à l’arrestation de Jean Mary Jean Gilles, comptable en chef de la Sainte Église, le mardi 23 août dernier. Cette interpellation fait suite à l’analyse d’une série documents, révélant qu’entre 2011 et 2017, celui-ci avait transféré de l’argent vers des comptes d’un trafiquant d’armes illégales à partir du compte de l’Eglise. Ce dernier est actuellement très recherché par la Police Internationale.

Ce nouveau rebondissement vient ébranler davantage la hiérarchie de l’Eglise Episcopale, poussant ainsi une quinzaine de prêtres de la congrégation à opter pour la démission en bloc du comité exécutif de l’Eglise Episcopale d’Haïti. Une façon, selon eux, de redorer l’image déjà dégradée de cette institution religieuse.

Si depuis 2011 des responsables de l’Eglise Episcopale s’adonnent au commerce illicite d’armes et de minutions dans le pays, Dieu seul sait combien de squelettes de pauvres haïtiens cette institution religieuse recèle dans son placard.

Qui sait si les armes qu’utilisaient les bandits de Cité Doudoune, alliés du gang des 400 Mawozo, pour perpétrer le massacre du samedi 20 août ayant couté la vie à huit personnes dont 3 membres d’une même famille brulé vifs, ne proviennent pas du commerce qu’entreprennent des responsables de la Sainte Église.

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