Lucmane Delille appelle Village de Dieu au “déconfinement”, des défenseurs de droits humains protestent

Le RNDH et le Collectif Défenseurs Plus appellent les autorités à mettre en application un plan de sécurité, sans violer les droits des habitants dans les quartiers populaires.

En ce sens , le RNDDH condamne l’ultimatum du ministre de la justice, Lucmane Delille, qui a appelé les paisibles citoyens du Village de Dieu à vider les lieux dans trois jours.

Le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains, Pierre Espérance, qui souhaite que l’État prenne le contrôle les quartiers occupés par des gangs armés, estime que ces propos ne correspondent pas à la réalité sociale des habitants de la zone.

“Ces habitants n’ont pas de quoi se nourrir, n’ont pas d’endroit où aller”, rappelle le défenseur des droits humains. Pierre Ésperance dénonce la passivité et la complicité des dirigeants face à l’insécurité. Il demande la protection des droits au logement et à la santé de ces habitants.

“L’État doit prendre ses responsabilités pour loger ces personnes et de les protéger contre le nouveau coronavirus “, avance Pierre Espérance.

“L’insécurité contraint déjà plusieurs riverains à abandonner leurs résidences, dans les zones occupées par des bandits, dont Village de Dieu pour se réfugier sur des places publiques et dans d’autres quartiers. Le problème n’est jamais résolu”, explique Antonald Mortimé, ajoutant que les autorités doivent protéger les citoyens qui vivent dans leur quartier depuis des lustres.

Plusieurs individus, illégalement armés, continuent de semer le deuil et la panique sur le territoire national.
Depuis plusieurs semaines, une guerre sans merci a éclaté entre plusieurs bandes rivales à l’entrée sud de la capitale; plusieurs personnes sont déjà victimes, des maisons incendiées dans l’indifférence quasiment totale des autorités étatiques.

Pour plus d’un, le banditisme est une affaire d’État. La mauvaise condition des personnes dans les quartiers populaires est liée à la mauvaise gouvernance et la corruption dans le pays.

Les plus vives préoccupations en ce qui concerne le banditisme dans le pays se font entendre face à la proportion alarmante prise par le développement du secteur de l’armement illégal. L’un des membres de la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR ), Jean Rebel Dorcenat, avait confirmé que 11 familles contrôlent le secteur des armes à feu en Haïti. Jusqu’ici rien n’est fait.

HIP / Haiti Infos Pro

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