Manifestations à Beyrouth: Plusieurs ministères pris d’assaut, un policier tué, au moins 200 blessés

Quatre jours après les explosions qui ont dévasté la ville, Des milliers de Libanais ont manifesté ce samedi 8 août contre la classe politique qu’ils rendent responsable de la terrible explosion faisant au moins 158 morts et 6 000 blessés. 21 personnes sont toujours portées disparues.

Plusieurs d’entre eux ont réussi à prendre d’assaut plusieurs ministères.  Des heurts ont éclaté vers la place des Martyrs, lieu de rassemblement traditionnel pour les manifestations dans la capitale libanaise. Des gaz lacrymogènes ont été tirés par les forces de l’ordre. Les protestataires ont répliqué avec des pierres. Selon un tweet de la Croix-Rouge libanaise, 63 personnes ont été blessées pendant la manifestation et transportées dans des hôpitaux, et 175 autres soignées sur place.

Des manifestants ont aussi brièvement occupé des ministères lors d’opérations qui semblaient coordonnées. L’attention des forces de sécurité se concentrant sur les heurts, environ 200 manifestants menés par des officiers à la retraite en ont profité pour prendre d’assaut le siège du ministère des Affaires étrangères, le proclamant “quartier général de la Révolution”. L’ex-général Sami Rammah a appelé dans un mégaphone au soulèvement et à la poursuite de “tous les corrompus” tandis que des manifestants décrochaient et piétinaient le portrait du président Michel Aoun.


Envoyée en renfort, l’armée a délogé les manifestants en fin de soirée, usant de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes. Des manifestants ont aussi tenté de prendre le quartier général de l’Association des banques, y mettant le feu avant d’être délogés par l’armée, selon un photographe de l’Agence France-Presse sur place. Les protestataires ont également investi les ministères de l’Economie et celui de l’Energie, symbole de la gabegie des services publics, les coupures de courant alimentant la gronde. “Nous sommes officiellement en guerre contre notre gouvernement”, a déclaré une militante, Hayat Nazer. Les banques sont la cible de la colère des manifestants depuis octobre en raison des restrictions draconiennes imposées sur les retraits et virement à l’étranger.

Les manifestations ont fait une victime du côté des forces de l’ordre. “Un membre des Forces de sécurité intérieure est décédé (…) en aidant des personnes coincées dans l’hôtel Le Gray”, a fait savoir la police, ajoutant sans autre détail qu’il avait “été agressé par un certain nombre d’émeutiers qui ont entraîné sa chute et sa mort”.

HIP avec AFP

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