Milo Milfort, prix Philippe Chaffanjon 2022, un modèle de rigueur et de persévérance

Le journaliste Milo Milfort, rédacteur en chef d’Enquet’Action et mastérant en Management des médias à l’Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille en France, a remporté le Prix Philippe Chaffanjon 2022 pour son reportage intitulé « Enlèvement en Haïti : piégés par la peur », à un moment où les cas de kidnapping explosent dans ce pays insulaire. « C’est l’aboutissement de plusieurs années d’essai », a-t-il confié dans une entrevue accordée à la rédaction d’Haïti Infos Pro. Portrait d’un modèle de rigueur et de persévérance.

Dans le quartier pauvre, situé entre La Saline et Fortouron, où il a vu le jour en 1987, Milo Milfort, issu d’une famille chrétienne, ne pouvait laisser le toit familial si ce n’est pour se rendre à l’église ou à l’école. Au bas de la ville de Port-au Prince Milo Milfort a eu une enfance marquée par la disparition de son père emporté par le diabète et l’hypertension et une mère affaiblie économiquement au fil des ans par l’insécurité. D’un autre côté, Milo Milfort s’est remémoré d’« un quartier précaire où la drogue, l’alcool, la cigarette et les armes à feu étaient beaucoup plus accessibles que les services sociaux de base comme l’électricité, l’eau potable ».

Milo Milfort a fait ses études classiques entre l’Ecole Frédérique Marcelin au Collège Faustin 1er (Kay Mèt Pierre), le Collège Noshirel Lherisson (Kay Cénofa) et le Collège Isidor Jean- Louis. « Je n’étais pas excellent à l’école mais un élève moyen. 5 comme moyenne me suffisait », a-t-il avancé évoquant un parcours scolaire marqué par l’instabilité surtout en raison de la crise sécuritaire. À la fin de ses études classiques, Milo Milfort a intégré la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) à 18 ans où il a étudié la Communication Sociale puis l’INAGHEI où il a reçu une formation en Administration Publique. « J’ai suivi des séminaires et formations en journalisme, journalisme multimédia et journalisme d’investigation en Haïti, en République Dominicaine et en Belgique », a-t-il indiqué se félicitant d’être sur le point de détenir son master en Management des Médias à l’Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille en France.

Le prix Philippe Chaffanjon : « L’aboutissement de plusieurs années d’essai »

Après avoir participé pendant trois (3) fois au Prix Philippe Chaffanjon, Milo Milfort ne le remporte que la 4ème fois. « C’est l’aboutissement de plusieurs années d’essai. C’est ma 4ème participation à ce concours », a-t-il indiqué soulignant l’accomplissement d’efforts et de sacrifices consentis des années durant. « C’est le fruit de la persévérance et la passion de croire que l’on peut et on doit s’y attacher », a ajouté celui dont l’objectif principal en tant que journaliste est d’exercer « le journalisme d’enquête qui s’écarte du traditionnel dominé par le copier-coller, la presse de bas étage et de connivence ».

Plus loin, Milo Milfort a fait savoir que le Prix Philippe Chaffanjon est loin d’être le prix le plus prestigieux qu’il a remporté durant sa carrière précisant que ça a été toujours un rêve. « Ça a couronné ma carrière pourtant ce n’est nullement le prix le plus prestigieux que j’ai remporté », a-t-il affirmé. « Le prix francophone de l’Innovation dans les médias – remporté en 2019 – en termes de récompenses, possibilité et d’avantages est beaucoup plus intéressant », a-t-il expliqué tout en soutenant que « tout journaliste haïtien rêve un jour de gagner le Prix Philippe Chaffanjon ». « J’ai pourtant préféré la radio. J’aimais écouter Jean Léopold Dominique, Marcus Gracia et Liliane Pierre- Paul. Mais aussi RFI. Dommage, des essais et promesses ont échoué. Donc, ma carrière se déroule loin de la radio », a-t-il regretté.

Un parcours atypique

Au cours de ses 11 ans de carrière, Milo Milfort a collaboré avec des médias prestigieux tant sur le plan national qu’international, après le déclic émanant d’un stage académique à AlterPresse. « Je suis arrivé au journalisme en 2011 par le biais d’un stage académique à l’agence en ligne AlterPresse dont j’ai pu bénéficier grâce à mon prof de journalisme d’investigation, la journaliste américaine Jane Regan », a-t-il raconté. « Après, j’ai intégré son média qui était Ayiti Kale Je (AKJ) où j’ai commencé à grandir puis j’ai commencé ma carrière de freelance en 2014 », a-t-il enchainé.

Dans la foulée, Milo Milfort a tenu à rappeler qu’il a fait de courtes expériences chez Le Nouvelliste et Challenges Magazine avant de créer en 2017, Enquet’Action. « Depuis, je collabore avec de nombreux médias nationaux et étrangers comme fixeur, correspondant et en freelance. Des médias étrangers comme Ijnet, Equal Times, Bocado.lat, EFE, New York Times, Noticias SIN, Noticias Aliadas…», a-t-il énuméré. Par ailleurs, Milo Milfort est détenteur de plusieurs prix. Il a été deuxième lauréat de la 4e édition du Prix Jeune Journaliste en Haïti, lauréat dans la catégorie presse écrite de la Première Édition du Prix Village Alternatiba, le 20 mars 2019, à l’occasion de la Journée Internationale de la Francophonie, il a été honoré en recevant le Premier Prix Francophone de l’innovation dans les médias 2019 avec le média Enquet’Action, entre autres.

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