Prix Chaffanjon : Marc-Evens Lebrun libère la parole sur la pratique ”Alantran” et entend s’engager

Le reportage multimédia sur le phénomène ”Alantran”, un autre visage de la traite de personnes, ayant consacré Marc-Evens Lebrun lauréat du prix Philippe Chaffanjon 2020, traduit la détermination du journaliste à s’engager contre cette pratique qui s’installe dans l’Artibonite. Une application mobile pour lutter contre la traite, durant les 12 prochains mois actera la contribution du journaliste à voir cette pratique enrayer de la société.

Un pas dans la bonne direction, une action dans le sens de freiner la pratique de ”Alantran”, souligne Marc-Evens Lebrun, gagnant de la 7ème édition du concours de reportage Philippe Chaffanjon, dans son discours.

Le travail coréalisé avec Luckenson Jean et Websner Corneille lève le voile sur une des pratiques rares observées dans l’Artibonite consistant à obliger une jeune femme (contre son gré) à accepter une relation amoureuse avec un adulte pour de l’argent ou d’autres profits. En dépit des conventions et autres instruments juridiques interdisant la traite dont l’État haïtien est partie, la tendance s’impose et des familles haïtiennes, bousculées par la misère et d’autres formes de privatisation donnent carte blanche à leurs filles de pratiquer “Alantran”.

Des témoignages saisissants des jeunes femmes libérées de cette pratique ont donné le froid dans le dos.

En partant à la recherche des adolescentes ayant vécu ce fléau, le gagnant du prix révèle avoir touché la plaie du doigt et libérer la parole.

”Le jour où mon soi-disant concubin a été décédé, je me suis sentie libérée, car je ne l’aimais pas. J’ai été contrainte de vivre sous son toit, par le seul fait qu’il avait versé de l’argent à mes parents”, a martelé Jislène Pierre, une jeune femme.

Au bout de 7 mois de recherches et de collectes d’informations, Marc-Evens Lebrun et ses pairs ont osé parier sur ce sujet sensible qui titille la réalité d’une localité (Démaré, 6è section communale des Verrettes) défiant principes et normes établis dans le cadre de l’union libre.

Le sujet est original et interpelle les décideurs à agir à la limite de leurs prérogatives. Contraindre une jeune fille ou une mineure à se mettre en union avec un homme sans son aval en échange d’intérêts porte la marque d’une marginalisation sociale, estime le lauréat. Ce reportage allume également les projecteurs sur une autre forme du phénomène de la traite de personnes qui ne dit pas son nom.

En agitant la pratique ”Alantran”, l’équipe conduite par Marc-Evens Lebrun entendait attirer l’attention des autorités étatiques sur le problème et sortir des sentiers battus des informations prisonières de l’actualité politique.

Il promet de s’engager aux côtés de ces femmes ou de ces mineures considérées comme des ”marchandises” d’avenir ou des sujets à miser. Le lancement pour bientôt d’une application mobile participe dans cette volonté de contribuer à lutter contre la traite des personnes révélée sous la forme de ”Alantran”, a-t-il soutenu.

H.N / Haiti Infos Pro

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