Trafic d’armes-Église Épiscopale d’Haïti : « Une enquête compromise, des propriétaires de la cargaison épargnés », dénonce RNDDH

En dépit du choix du juge instructeur Chavannes Étienne, en charge de conduire l’enquête sur la saisie d’une cargaison d’armes et de munitions en juillet dernier à Port-au-Prince, le Parquet s’est engagé à poser des actes qui violent la procédure normale, dénonce le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance.

Confié au juge d’instruction Chavannes Étienne, le dossier relatif à la saisie d’armes et de munitions au Caribbean port service (CPS) impliquant des dignitaires de l’Église Épiscopale de communion anglicane, à travers son traitement préoccupe au plus haut point le RNDDH. Selon Pierre Espérance, directeur exécutif de l’organisme de défense des droits humains, des actions contraires à la procédure tracée par la loi mettent à mal le cours de l’enquête.

Le défenseur des droits humains évoque un mandat d’amener lancé par un substitut du Parquet contre le Père Jean Mardochée Vil, alors que le dossier est déjà transféré au cabinet d’instruction depuis un mois. Une grande première dans un système judiciaire bancal, décrié, déplore-t-il.

Pierre Espérance rappelle qu’il revient au Parquet de transmettre au juge instructeur des informations additionnelles et non de poser des actes parallèles à l’instruction comme le veut la loi.

De telles anomalies traduisent un deficit de garantie judiciaire, gage fondamental d’un système judiciaire équilibré, juge Pierre Espérance. À cet effet, il invite le chef du Parquet de la juridiction de Port-au-Prince, Me Jacques Lafontant, à corriger ces dérives, suceptibles de compromettre l’avenir du dossier.

Dans la foulée des cafouillages dénoncés, le responsable du RNDDH souligne une gestion questionnable reservé à l’affaire. Des projecteurs sont allumés sur une catégorie d’accusés alors que d’autres citoyens autant concernés par l’arrivée en Haïti de cette cargaison d’armes et de minitions sont épargnés par la justice. Dans cet ordre d’idées, il identifie les personnes à qui les colis ont été destinés qui sont jusqu’ici protégées. Qu’est-ce-qui peut expliquer ce focus sur la hiérarchie de l’Église épiscopale, cependant d’autres complices courent encore les rues ?

Pour Pierre Espérance, la sérenité, la transparence, le respect des étapes procédurales dans l’enquete sur cette affaire s’imposent. Tout en espérant des corrections, le dirigeant du RNDDH espère que la justice haitienne fixera les responsabilités dans le dossier.

Il importe de souligner que plusieurs personnes ont été arretées dans le cadre de l’enquête sur la saisie au Carribean port service dont le Père Frantz Cole, Gina Jean-Louis Rolls.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

19 + seize =

Bouton retour en haut de la page