Véhicules incendiés, violence, les ‘’Fantômes 509’’ ne baissent pas la garde

De Delmas à Bourdon jusqu’au centre-ville de Port-au-Prince, le mouvement des policiers de ‘’Fantômes 509’’, pour réclamer de meilleures conditions de travail, a été emmaillée de violence.

À l’avenue Martin Luther King , le défilé des policiers regroupés au sein de ‘’Fantômes 509’’ lançait les premières hostilités. Des chauffeurs de véhicules publics et privés paniqués par la démonstration de force des agents de l’ordre ont dû emprunter d’autres raccourcis pour se soustraire à la violence policière. Tandis que d’autres plus courageux, se sont vus déposséder des clés de leurs véhicules. Les policiers contestataires ont mis en croix des véhicules immobilisés sur la voie publique entravant du coup la circulation automobile.

À Delmas, des policiers dégainaient leurs armes sous les vivats d’une foule de militants politiques. Des détonations retentissaient sur l’autoroute de Delmas provoquant la panique. Le siège social de l’Office national d’Assurance-vieillesse a été pris pour cible les manifestants. Les “Fantômes 509’’ ont envahi les bureaux de l’ONA, obligeant les employés à quitter leur poste prématurément.

‘’Nous exigeons 50 mille gourdes comme salaire mensuel net et 25 mille gourdes de frais de débit. Sans la satisfaction de ces revendications, le mouvement sera intensifié. Les policiers ne disposaient de crédits, ni d’assurance de santé, ni de privilèges sociaux’’, ont scandé des agents encagoulés.

En ordre disséminé

À Delmas 48, des véhicules blindés ont tenté de mettre en échec le mouvement policier. Des tirs nourris, des débordements de foule, de fortes détonations ont caractérisé cet instant démentiel. En ordre disséminé, les policiers protestataires ont progressé pour atteindre Bourdon, Lalue avec à la clé la même stratégie d’obstruer la voie publique par des véhicules, des camions ou engins lourds immobilisés sur la chaussée.

Au centre-ville de Port-au-Prince, les locaux du ministère de l’Économie et des Finances, ont été attaqués par des cocktails Molotov. 4 véhicules garés dans l’enceinte du MEF ont été emportés par les flammes en dépit de l’intervention des sapeurs-pompiers qui peinaient à circonscrire le feu.

Les ‘’Fantômes 509’’, en dépit du contexte de Coronavirus, n’entendent pas céder. Ils menacent d’intensifier leur mouvement si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Hervé Noel / HIP

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