Des économistes plaident en faveur de la dédollarisation de l’économie

Après l’annonce de l’adoption de nouvelles mesures par la Banque de la République d’Haïti (BRH) exigeant les maisons de transferts de payer en gourdes sauf si l’argent est déposé sur un compte libellé en dollar américain, la réaction des économistes ne s’est pas faite attendre.

Ils ont fait part de leurs préoccupations estimant que cette mesure ne peut que favoriser les banques commerciales.

C’est le cas, entre autres, de l’économiste Emmanuela Douyon qui prévoit une aggravation de la précarité économique de la population, notamment les couches défavorisées qui dépendent des transferts en provenance de l’étranger.

Le gouvernement ne peut pas exiger de la population qu’elle reçoive les transferts en monnaie locale (la gourde haïtienne), alors que la majorité des transactions sont réalisées en devise américaine, a-t-elle déclaré dans une interview accordée à Radio Kiskeya, ce lundi 22 juin.

Cette décision va contribuer à réduire le pouvoir d’achat de la population, a fait remarquer madame Douyon.

De son côté, l’économiste Enomy Germain estime que ces mesures sont insuffisantes pour réguler le marché des changes. Il abonde dans le même sens qu’Emmanuela Douyon qui croit que ces dernières ne font que favoriser les banques commerciales.

Enomy Germain plaide en faveur de l’adoption de mesures d’accompagnement notamment pour la dédollarisation du commerce en Haïti.

Néanmoins, M. Germain précise que ces mesures n’ont pas que de mauvais côtés. Cela permet de résoudre les conflits entre les maisons de transfert et les bénéficiaires, mais il insiste que : « Sans les mesures d’accompagnement, on ne peut parler que d’une solution partielle ».

Joubert Joseph / HIP

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