Haïti-Economie: L’économiste Eddy Labossière balaie les mesures annoncées par la BRH

Depuis quelques temps la monnaie locale ne cesse de se déprécier par rapport aux devises étrangères. Il ne se passe pas un jour sans que la gourde ne soit l’objet d’une dépréciation vis-à-vis du billet vert notamment, très convoité en Haïti. Cette situation a pour conséquence l’augmentation des prix des produits à la consommation, entrainant l’accroissement de la misère dans le pays.

C’est dans ce contexte que le gouverneur de la banque de la république d’Haïti (BRH) Jean Baden Dubois, dans le cadre d’une conférence de presse tenue le lundi 22 août dernier, a annoncé une série de mesures notamment l’injection entre 100 à 150 millions dollars à la fin de l’exercice fiscal, en vue de corriger cette situation.

« Il s’agit purement et simplement d’un gaspillage », rétorque l’économiste Eddy Labossiere, estimant que le gouverneur de la Banque de la République n’a pas la capacité nécessaire pour conduire la politique monétaire du pays.

« Ces mesures ne sont pas nouvelles, elles sont loin de donner des résultats satisfaisants », souligne Eddy Labossiere, arguant que ces mêmes dispositions ont été adoptées sous l’administration du président défunt Jovenel Moïse, pour aucun résultat.

Il y n’a aucune théorie scientifique pouvant expliquer l’appréciation brusque de la gourde par rapport aux dollars, estime le président de l’association des économistes Haïtiens.

« Dans une grande économie l’on pourrait attribuer cette appréciation à une sorte de correction brutale du marché, mais n’est pas le cas de la nôtre », croit savoir le professeur d’Université, estimant que le gouverneur de la BRH ferait mieux de se taire.

Les arguments portant sur la faible production nationale, la diminution des transferts de la diaspora et le déficit budgétaire avancé par le gouverneur de la Banque de République d’Haïti pour justifier cette situation de la monnaie locale par rapport au dollar ne tiennent pas debout, indique l’économiste. Elle résulte de préférence, d’une spéculation provoquée par le secteur bancaire et d’un groupe mafieux en fonction de leurs intérêts, dénonce M. Labossiere, soutenant que le taux n’est pas déterminé en fonction du rapport de l’offre et de la demande.

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