Jovenel Moïse fait grâce à des criminels, l’OPC crie au scandale

Par arrêté présidentiel, Jovenel Moïse a donné grâce pleine et entière à 415 prisonniers. Sur la liste des détenus, figurent des criminels notoires. L’Office de la Protection du Citoyen (OPC) critique cette décision et appelle le Président de la République à la prudence.

La liste des prisonniers fait le tour des réseaux sociaux. Les commentaires fusent de partout. Les internautes haïtiens sont sans pitié pour le Président de la République, qui, disent-ils, cherchent à libérer intentionnellement des criminels proches du régime. Dans la société civile, le sujet fait débat. Des organismes de défense des droits humains s’y opposent.

Dans une note rendue publique le 28 juin dernier, l’Office de la Protection du Citoyen souligne que des recherches confirment que sur cette liste, figurent des individus condamnés à de lourdes peines pour enlèvement et séquestration, viol, assassinats. « Cette liste de détenus graciés après seulement quelques années d’emprisonnement, a été préparée par des “pêcheurs en eau trouble” en dehors de toute transparence (sans l’implication des parties prenantes) et soumise malheureusement au Chef de l’Etat », a écrit l’OPC.

L’office cite en exemple, 10 prisonniers qui ont été condamnés à des peines graves : « Iclaunel PIERRE, condamné en septembre 2015 pour viol à 12 ans de prison, Dimanche Marie Hélène, condamnée pour enlèvement et séquestration en 2013 à 15 ans de prison, Présumé Marie Claudelle, condamnée en 2009 pour assassinat à perpétuité, Milfrance Azilhomme, condamné pour meurtre en février 2018 à 7 ans de prison, Séjour Rémy, condamné pour assassinat le 31 juillet 2018 à 7 ans de prison, Fanfan Aramy, condamné pour vol à main armée le 29 janvier 2020 à 5 ans de prison, Laurent Hugues Hérard, condamné pour tentative d’assassinat en mars 2013 à 15 ans de prison, Joseph Jocelin, condamné pour assassinat en 2014 à 15 ans de prison, Joseph Jean Nabeau, condamné pour assassinat en 2014 à 15 ans de prison, Harrison Domond dit Hougan Jean Marie, condamné pour assassinat en 2014 à 10 ans de prison. »

« Quand l’Etat ne protège pas ses citoyens des atteintes commises par d’autres, il partage avec leurs auteurs la responsabilité des torts infligés », dénonce l’Office de la Protection du Citoyen. L’OPC croit qu’au-delà des discours répétés, les autorités étatiques doivent signifier leur bonne foi à la lutte contre l’impunité.

Et dans une correspondance envoyée personnellement au Président Jovenel Moïse ce mardi 30 juin, soit 2 jours après, l’OPC a exprimé à nouveau ses préoccupations et ses réserves par rapport à cette « mesure de clémence ». L’institution étatique qui affirme n’avoir aucune prétention de mettre en question la décision du Chef de l’Etat relevant directement de sa prorogative, a attiré l’attention sur cette liste préalablement établie par le Ministère de la Justice. « Cette démarche initiée par les autorités concernées n’a pas impliqué l’OPC et les autres parties prenantes qui interviennent régulièrement dans le monitoring de la chaine pénale », insiste le Protecteur du citoyen. Renouvelant sa pleine collaboration à faciliter l’implication des organisations des droits humain dans cette démarche, Renan Hedouville appelle Jovenel Moïse à la prudence.

HIP / Haiti Infos Pro

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