Haïti-Crise de carburant : 30 000 femmes et filles enceintes risquent l’expérience du « pire »

Le blocage du carburant imposé par les gangs a de graves conséquences sur tous les secteurs d’activités du pays, notamment celui de la santé qui dépend presqu’exclusivement du carburant pour alimenter ses génératrices.

L’ONU informe déjà qu’environ trois quarts des grands hôpitaux du pays ne sont pas en mesure de fournir des services réguliers en raison de la pénurie du carburant. Les populations vulnérables, notamment les femmes et les filles enceintes, sont les plus touchées par les restrictions d’accès aux services de santé.

L’UNFPA, l’organisme des Nations Unies chargé de la santé sexuelle et reproductive, estime que près de 30 000 femmes enceintes risquent de ne pas pouvoir accéder à des services de soins de santé essentiels, et que près de 10 000 d’entre elles pourraient souffrir de complications obstétriques graves, voire mortelles, en l’absence d’une assistance médicale assurée par un personnel qualifié.

De plus, 7 000 survivantes de violences sexuelles risquent de ne pas pouvoir bénéficier d’un soutien médical et psychosocial d’ici la fin de l’année. En conséquence, l’UNFPA a dit avoir collaboré avec les autorités sanitaires, des hôpitaux et des partenaires pour installer des sources d’énergie solaire dans 25 établissements à travers Haïti, dans la perspective de parvenir à une amélioration de leur capacité de stockage dans le respect de la chaîne du froid et d’assurer la continuité des services de maternité.Cependant, la production électrique solaire est trop faible pour permettre aux hôpitaux de fonctionner pleinement.

« Malgré les conditions de sécurité extrêmement difficiles et les pénuries de carburant, des cliniques mobiles sont fréquemment déployées par l’UNFPA et ses partenaires dans les sites accueillant des personnes déplacées autour de Port-au-Prince », a déclaré Saïdou Kaboré, Représentant de l’UNFPA en Haïti. Il indique que cette structure onusienne travaille parallèlement avec le gouvernement l’aidant à contrôler l’épidémie du choléra. Des kits d’hygiène, comprenant du chlore, des sels de réhydratation orale et du savon, sont en cours d’acquisition et seront distribués, ainsi que des médicaments et des équipements de protection individuelle.

« Nous nous efforçons actuellement d’atteindre les femmes et les filles enceintes dans les camps où le choléra est particulièrement susceptible de se propager », a déclaré M. Kaboré. « La violence et l’instabilité qui règnent en ce moment entravent nos efforts pour atteindre les personnes les plus vulnérables, or il nous faut pouvoir prendre en charge de toute urgence les personnes qui ont besoin d’aide », déplore-t-il, soulignant que l’intervention humanitaire de l’UNFPA en Haïti manque cruellement de fonds.

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