« Le pouvoir réactive des gangs pour discréditer la mobilisation populaire », selon Pierre Espérance

Le défilé des gangs de la coalition criminelle de G-9 participe des manœuvres orchestrées par le pouvoir pour discréditer le mouvement populaire visant à exiger du gouvernement de facto le retrait de la décision d’augmenter les prix du carburant sur le marché et le départ du Premier ministre Ariel Henry, révèle le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance.

La démonstration des bandits armés du G-9 s’inscrit dans une logique visant à décrédibiliser la contestation populaire, soutient le responsable du RNDDH. Pierre Espérance, dans le cadre d’une interview accordée au journal, révèle que la bande à Jimmy « Barbecue » Cherizier a été grassement payée par le gouvernement de facto pour pouvoir parader, jeudi, dans des rues de la capitale, avec des armes de guerre. Un tel calcul renvoie à une perception d’une mobilisation initiée par des gangs, sans une implication de la population.

Le directeur exécutif du RNDDH appelle la population à faire preuve de vigilance et d’intelligence afin, dit-il, de défendre les acquis démocratiques menacés par le regime de facto. Pierre Espérance encourage les manifestants à se démarquer des casseurs, des pilleurs qui œuvrent à la destabilisation de la mobilisation.

Par ailleurs, le défenseur des droits humains plaide en faveur de la mise sur pied d’un couloir humanitaire d’urgence afin d’accompagner les categories vulnérables, les sujets souffrants et faciliter les opérations de ravitaillement en médicaments et produits de première nécessité dans ces instants délicats.

À ce carrefour durement éprouvé, la population haitienne est appelée à s’armer de courage pour vaincre ses ennemis et prédateurs. La position de la communauté internationale selon laquelle une certaine stabilité est constatée dans le pays en raison des mouvements de protestation pratiquement en berne depuis plusieurs mois, est à l’actif de l’administration de facto, est vivement critiquée par Pierre Espérance.

Il rappelle que les victimes de violence des gangs armés se multiplient, des bandits continuent d’instaurer la terreur dans certaines zones, la population est contrainte de limiter ses déplacements; des faits qui contredisent la perception de l’international et des alliés du chef du gouvernement de facto en ce qui concerne la réalité.

À propos du trafic d’armes et de munitions vers Haïti, Pierre Espérance insiste sur le fait que les résultats reviennent aux efforts impliquant des organisations haïtiennes de la diaspora à des citoyens engagés, non pas des initiatives du gouvernement d’Ariel Henry. Pour lui, le bilan des actions de cette administration est quasi nul.

Pierre Espérance invite la population à se mobiliser de manière pacifique, tout en interpellant la communauté internationale sur l’insécurité d’État imposée, la corruption qui gangrène l’administration publique, la mauvaise gouvernance instituée. À la communauté internationale, il conseille d’etre à l’écoute de la population.

En ce qui concerne les scènes de pillage enregistrées aux Gonaïves contre des symboles de l’Église catholique romaine et ceux de l’Eglise Épiscopale de confession anglicane, il dénonce des attaques ciblées, en rappelant qu’il revient à la population d’identifier les secteurs qui commanditent ces actes contre des institutions religieuses.

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