« Yo te kidnape nou 2. Men lòt moun nan yo touye l…», témoignage poignant d’un otage libéré

Kidnappé dans une petite localité à Léogâne lundi dernier, Noé Poucely, 27 ans, a été libéré dans la soirée du mercredi 25 novembre. Après avoir donné une rançon de 200 mille gourdes aux ravisseurs, l’otage a retrouvé sa famille, soit 2 jours après son enlèvement. Les témoignages de Noé, ce jeune Léogânais qui a vu la mort en face.

Le rapt a eu lieu aux environs de 4 heures de l’après-midi, à « Fon Sab », une zone située dans la localité Santo à Darbonne, commune de Léogâne. « Je revenais d’un magasin de téléphone. J’etais à bord d’un mototaxi qui m’a déposé non loin du Centre-ville de Léogane, où je devais prendre un autre mototaxi pour arriver chez moi. C’est à ce moment-là que j’ai remarqué une voiture de couleur noire qui m’a rapproché. Prétextant qu’elles ne connaissent pas la zone, les personnes à bord disent vouloir me demander des informations », a témoigné Noé Poucely.

Joint au téléphone par la rédaction, la victime explique que le véhicule en question avait à son bord une dame avec qui il échangeait. Après le petit échange, des individus armés ont ouvert les 4 portes de la voiture et lui ont intimé l’ordre d’y monter . « Lèm wè sa, mwen avanse. Lèm monte, yo tepe bouch mwen, epi yo mete yon bagay pou bare jem. Tout lè yo prale avèm, mwen santi kotem ye », raconte-t-il.

Arrivé à destination, les ravisseurs m’ont dépouillé de tout ce que j’avais dans ma poche. « Mwen te gen anviwon 8 mil dola ayisyen sou mwen, yo pran tout », souligne-t-il. Selon les témoignages de Noé Poucely, les kidnappeurs ont enlevé la carte SIM de son téléphone. Par la suite, ils ont vérifié le portable de la victime pour retracer tous les appels et messages. « Nan demen, yo mandem sa map manje. Mwen di yo map manje bannann a vyann », informe le jeune Léogânais, qui affirme n’avoir été victime d’aucune agression physique.

« Men nan jou sa a, sete nou 2 ki te anndan an. Gen yon lòt patnè yo te kidnape tou ki te avèm nan kay kotem te ye a, yo touye l devanm », raconte-t-il, la voix remplie d’émotion.

Selon ce qu’a raconté le kidnappé, les ravisseurs avaient, dans un premier temps exigé une rançon de 350 mille gourdes. Mais après les négociations avec la famille, informe la victime, ils ont accepté de recevoir la somme de 200 mille gourdes en echange de sa liberation. « Yo di moun lakay mwen se Delma pou yo pote kòb la. Aprèsa, yo dakò pou yo pote l ba yo Pòtay. Lè moun nan rive, yo dil vin pote l anndan Site Solèy. Alafen, fanmi ki te pote kòb la di, se bò yon lanmè yo bay kidnapè yo li », confie la victime.

La rançon est finalement donnée dans l’après-midi du mercredi 25 novembre. La famille est dans l’attente. Le retour de Noé est attendu par tout le quartier. « Ils ne m’ont pas déposé à Léogâne. Dans un premier temps, ils voulaient m’emmener à Portail Léogâne. Mais après des négociations, ils m’ont déposé sur la route des rails, à Carrefour, aux environs de 8 heures du soir », a informé la victime, qui garde encore en mémoire les moindres détails.

Il était presque 10 heures, quand Noé Poucely faisait son apparition à « Kabare », une petite localité située dans la commune de Léogâne. La victime est ovationnée par une foule de voisins, d’amis et de proches qui l’attendaient. C’était la fête. Noé a été accueilli par sa mère qui l’a pris dans ses bras. Des larmes. Des minutes sans paroles. Sur une photo parvenue à la rédaction, on voit le visage d’une mère soulagée, délivrée après la libération de son fils.

Et pour clore cette partie de réjouissance, les membres de la famille ont organisé une cérémonie vodouesque, comme pour remercier les « loas » qui disent-t-ils, ont accompagné Noé Poucely durant ce moment difficile et stressant. La victime qui est lui aussi un pratiquant du vodou, était entrée en transe, ce qui a attiré l’attention de plus d’un. « Mwen te pè anpil. Sete yon moman terib. Mwen pa swete okenn moun viv eksperyans sa mwen sot viv la ! », a-t-il conclu.

Luckson Saint Vil / HIP

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