Déçue, Yanick Joseph tourne le dos à la Police Nationale d’Haïti

Frappée d’interdiction de départ depuis plus d’un mois, la policière Yanick Joseph démissionne de la Police Nationale d’Haïti. Dans une lettre adressée le 15 juin dernier au DG a.i de l’institution, Rameau Normil, la désormais ancienne Coordonnatrice générale du Syndicat de la PNH affirme avoir pris cette décision avec un sentiment de fierté.

« En 2008, lorsque j’avais pris la décision d’intégrer les rangs de la Police Nationale d’Haïti, j’ai été fière, je pensais que j’allais faire partie d’une institution noble, prestigieuse et respectueuse des droits humains », a écrit Yanick Joseph. Dans cette lettre, l’agent 2 souligne qu’après 11 ans de service, elle est complètement déçue de l’idée préconçue qu’elle avait de l’institution policière haïtienne.

« Depuis mon intégration dans la police, j’ai constaté des violations systématiques des droits des policiers », dénonce l’ancienne Coordonnatrice du SPNH. Yanick Joseph cite notamment l’absence d’assurance de santé, le non-respect du droit à un logement décent. « Quand les policiers sont victimes dans l’exercice de leurs fonctions, leur famille peine à trouver de l’assistance auprès des responsables. Ces genres de traitement me paraissent révoltant, inhumains et inacceptables », déclare-t-elle.

D’un autre côté, l’officier de police dénonce l’attitude des autorités centrales, qui traitent des policiers de « terroristes » et de « voyous ». « Etant donné que je ne peux pas accepter un tel affront, je vous donne ma démission », écrit Yanick Joseph au Directeur Général de la PNH, Rameau Normil.

Dans la même veine, la policière annonce avoir remis tous les matériels qui étaient à sa disposition. Sur la liste, la policière parle d’une arme à feu Taurus de calibre 9 millimètre et de numéro : TFX45801, une ceinture forte (menotte, étui pour arme), et une lampe torche. Dans une attestation acheminée à la rédaction d’Haïti Infos Pro, ces matériels ont été reçus ce vendredi 19 juin 2020 par la direction de la logistique de la police nationale.

La démission de la policière Yanick Joseph intervient, plus d’un mois après qu’elle était l’objet d’une mesure d’interdiction de départ. Dans une correspondance en date du 14 mai 2020 envoyée à la Direction de l’immigration et de l’émigration, le Parquet de Port-au-Prince avait exigé à ce que des mesures soient prise afin d’empêcher au leader du SPNH de quitter le pays par voies aérienne, maritime et terrestre. Cette décision a été prise, après que Yanick Joseph ait menacé, dans un message vocal, de libérer de force le policier Jean Pascal Alexandre, membre du groupe « Fantom 509 », incarcéré au pénitencier national.

HIP / Haiti Infos Pro

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