Agenda de dialogue: les signataires des Accords de Musseau et de Montana en bisbille

Il est d’une tendance prononcée qu’en Haïti les contextes restent inchangés, mais les acteurs peuvent changer de rôle. La coalition SDP-FUSION-INITE, hier hostile au dialogue avec Jovenel Moïse, prétend aujourd’hui être l’apôtre du consensus. Les tenants de l’Accord Montana, dans la perspective d’un dénouement, restent sur la corde raide.

Le dirigeant de l’Initiative des patriotes mariens (IPAM), l’ancien député Hugues Célestin, se montre très pessimiste quant à l’issue positive des pourparles à l’élaboration d’un agenda de dialogue. Quinze jours après le début du processus de rapprochement, il considère que les lignes ont très peu bougé.

Le Bureau de suivi de l’Accord (BSA) maintient sa position liée au rétablissement d’un Exécutif bicéphal, à la restauration du pouvoir judiciaire entre autres. Pour l’ancien parlementaire, en interview sur les ondes de Radio Kiskeya, les alliés du premier ministre de facto, Ariel Henry, jouent à la façade, ils s’opposent à toute démarche de discussion. De l’avis du responsable de l’IPAM, le docteur Ariel Henry et ses alliés s’affichent confortables dans la crise.

Position quasi-similaire exprimée par l’ancien député de Cerca-Carvajal, Antoine Rodon Bien-Aimé. Il dit déceler une volonté de l’équipe de facto de faire perdurer la crise. Selon le promoteur de l’Accord PEN-Modifié, il revient à la population de prendre ses responsabilités pour chasser ces « imposteurs » du pouvoir.

Du coté des signataires de l’Accord de Musseau, la réaction n’a pas tardé. L’ancien sénateur de la Grand’Anse, Saurel Jacinthe, évoque des vérités non avouées dans la communication de Montana. La position arretée de l’équipe de économiste Fritz Alphonse Jean relative à l’établissement d’un Exécutif bicéphal, préoccupe au plus haut point la délégation de Musseau. Pour le dirigeant du parti INITE, l’impasse de la mise en place des prémices au dialogue passe par l’obstination des dirigeants de Montana de juguler la crise par l’installation d’un dispositif unilatéral. Selon lui, tous les secteurs doivent être partie prenante des discussions.

La solution à la crise exige l’adoption des mesures fortes pour freiner l’insécurité, faciliter un apaisement social, engager une réforme constitutionnelle, organiser des élections entre autres, selon l’ancien parlementaire. Il concède sur le fait que les indicateurs socioéconomiques sous l’administration d’Ariel Henry sont au rouge, mais renouvelle la position des autorités de facto d’œuvrer pour le dialogue et le consensus.

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