Armes et munitions saisies au terminal Lafito: la CE/JILAP fait part de ses considérations

Rien d’encourageant à mettre à l’actif de cette opération de saisie d’armes et de munitions au port Lafito, selon la directrice nationale de la Commission épiscopale nationale Justice et Paix de l’archidiocèse de Port au Prince. Sans un processus de démantèlement des poches de gangs, le trafic illicite d’armes de guerre restera un défi à l’État, considère Jocelyne Colas Noël.

L’organisme de défense de Droits humains de l’Eglise catholique en Haïti, contrairement aux autorités policières et judiciaires qui se sont félicitées du coup de filet réalisé au terminal de Lafito, se questionne sur l’économie de cette opération pour le rétablissement de la paix publique. Jocelyne Colas Noël, responsble de la CE/JILAP interprète la découverte de plus de 18 mille cartouches et plus d’une dizaine d’armes de guerre comme une démonstration dont l’ultime objectif consiste à tromper l’opinion sur la problématique des armes illégales en circulation dans le pays.

‘’On peut se demander combien de ces cargaisons ont eu le temps de franchir les ports haïtiens sans être interceptées. Pourquoi aucune arrestation n’a été effectuée ? Pourquoi aucune information sur l’avenir de ces matériels saisis n’a été divulgués?”_, se questionne Jocelyne Colas Noël, directrice de la CE/JILAP.

Les gangs armés qui sèment le deuil dans les familles, les quartiers demeurant sous l’emprise de la violence armée, interpellent la militante des droits humains. Pour elle, sans une campagne visant à réduire le phénomène de l’insécurité, à prendre contrôle du secteur de l’armement, le retour à la paix sera un voeu pieux. Le numéro un de la CE/JILAP appelle les autorités compétentes à mettre fin aux opérations de saupoudrage pour adresser la problématique de l’insécurité et du trafic d’armes avec intelligence.

Hervé Noël / HIP

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