Décision du Congrès, arrestation de John Joël Joseph : politiques et défenseurs de droits humains réagissent

Étonnamment, le Premier ministre de facto figure sur la liste des dernières personnalités à réagir sur l’arrestation des deux derniers suspects dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse, sans citer de noms. Ariel Henry, cité dans le crime, s’était abonné au silence en ce qui concerne le déroulement de l’enquête et les arrestations opérées dans le dossier.

La décision du Congrès américain d’exiger un rapport sur le meurtre de Jovenel Moïse s’ajoute à un ensemble de dossiers haïtiens sur lesquels la Chambre des représentants a déjà statué, rappelle le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Pierre Espérance, intervenant sur les ondes de Radio Kiskeya, samedi, annonce que ce texte sera soumis au vote à la Chambre des représentants américains. Par ailleurs, il espère l’implication du chef du gouvernement de facto, Ariel Henry, en vue de faciliter l’arrestation de Joseph Félix Badio, un autre suspect clé cité dans le meurtre du 58ème Président d’Haïti.

Alors que la directrice nationale de la Commission épiscopale Justice et paix de l’Archidiocèse de Port-au-Prince (CE/JILAP) Jocelyne Colas concède sur le fait que les États-Unis d’Amérique se sont impliqués à fond dans l’enquête. Elle dénonce la lenteur de la justice haïtienne dans le dossier, soulignant que des pas importants ont été franchis en dehors du pays.

Lecture différente livrée par le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile (ISC). Rosny Desroches émet diverses considérations sur l’ordonnance américaine dont celle liée au trafic de la drogue, de la position idéologique américaine soutenant des efforts d’instauration de la démocratie en Haïti, de la faiblesse de l’appareil judiciaire haitien pour justifier l’intérêt manifesté par l’administration de Joe Biden pour l’aboutissement du procès.

Pour l’ancien sénateur des Nippes Nènèl Cassy, l’ordonnance du Congrès américain confirme le degré de défaillance du système judiciaire haïtien. Le dirigeant du Secteur démocratique et populaire (SDP) pense que le pays a encore raté le train et cette décision relève de l’indignation. Il plaide pour que lumière soit faite sur l’assassinat de Jovenel Moïse autant que d’autres dossiers de crime dont l’exécution de Monferrier Dorval, de Diego Charles, d’Antoinette Duclair et d’autres victimes de « massacres d’État ».

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