Journée de protestations en Haïti : Plusieurs blessés par balles, parmi eux des journalistes

À l’appel de plusieurs partis politique de différentes tendances idéologiques, plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues ce mercredi 7 septembre 2022. Du champ-de-mars au carrefour de l’aéroport, longeant la route de Delmas, les protestataires ont lancé des propos hostiles au Premier ministre Ariel Henry ainsi qu’aux membres du Core group qui, selon eux, le supporte aveuglément. Depuis l’accession du neurochirurgien à la tête de la Primature, la situation du pays s’est dégradée davantage, arguent certains manifestants.

Il était aux environs de 11 heures du matin lorsque la foule qui s’était réunie au carrefour de l’Aéroport, a été rejointe par celle en provenance du champ-de-mars. Des scènes de liesse entre manifestants de tendances confondues étaient remarquées, avant qu’ils prennent la direction de la route de Delmas dans le calme et dans une ambiance entrainante. Tout le long du parcours, les manifestants n’ont pas manqué de lancer des propos hostiles à l’endroit du Premier ministre Ariel Henry accusé de tous les maux du pays.

« Le premier ministre Ariel Henry est le mal absolu du pays, il est impliqué dans le meurtre de l’ancien président Jovenel Moïse, il doit rendre son tablier pour répondre aux questions de la justice haïtienne », soutient un manifestant.

On pouvait remarque dans la foule des représentants de divers partis politiques de tendances opposées dont PHTK, Pitit Desalin, ProJomo, entre autres. Ils s’unissent autour d’un seul objectif : la démission du locataire de la primature. En ce sens, certains manifestants se disent prêt à aller jusqu’au bout, même au péril de leur vie.

« C’est inacceptable qu’une population constituée de plus de 60% de jeunes puisse se laisser anéantir par un homme de 72 ans qui a déjà traversé la tempête de la vie », dénonce un autre manifestant.

« Les revendications du peuple haïtien sont loin d’être fantaisistes mais vitales », affirme le fer de lance de ce mouvement de protestation, Moïse Jean-Charles qui s’est adressé à bord d’une motocyclette au niveau de Delmas 65 aux journalistes.

« Haïti doit être un paradis pour tous les Haïtiens qui y vivent, non pas pour groupe de privilégiés qui s’accaparent de toutes les richesses du pays au détriment de la grande majorité », dénonce l’ex-sénateur de la République, assurant qu’il continuera à accompagner la population jusqu’à la satisfaction de ses revendications, consistant entre autres, en la disponibilité des produits pétroliers sur le marché local, la fixation à moins de 100 gourdes le dollar américain et la démission du premier ministre Ariel Henry.

Des scènes d’affrontements entre policiers et manifestants ont été enregistrées au niveau de Musseau où certains protestataires voulaient à tout prix atteindre la résidence officielle du premier ministre Ariel Henry.

Sur tout le parcours, certaines institutions dont des banques commerciales, des supermarchés, entre autres, ont essuyé des jets de pierre. Arrivée à Pétion-Ville, la manifestation a failli être dispersée lorsque des policiers ont été contraints de tirer en l’air. Ce qui a provoqué un mouvement de panique aux abords de l’ancien site du cimetière de Pétion-Ville.

Il faut souligner que pas moins de trois journalistes ont été blessés, lors de cette manifestation, dont Lily Menard touché d’une balle à la tête. La victime qui, selon les informations, est hors de danger, reçoit actuellement les soins que nécessite son cas dans un centre hospitalier de la Capitale haïtienne.

C’est presque l’ensemble des régions et des villes du pays qui ont emboîté le pas, ce mercredi 7 septembre, à Port-de-Paix, Jérémie, Miragoâne. Au Cap-Haïtien également, des milliers de citoyens étaient descendus dans les rues pour faire passer ces mêmes revendications.

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